Beaux-arts allemands

Publié le par Eric Balay

I. LE MOYEN-AGE :

L'architecture carolingien et ottonienne (chapelle palatine d'Aix- la-Chapelle) n'a guère laissé de traces. Dans Le même temps florissait un grand art de la miniature influencé par l'Orient. La période romane, qui se poursuivit tard, fut marquée par une intense activité des bâtisseurs. Les nombreuses églises et les cathédrales (Spire. Worms et Mayence) qui s'élèvent alors montrent une certaine uniformité de styte. Elles se caractérisent par une grande abondance de tours, des galeries lombardes, un chœur à chaque extrémité de la nef. La sculpture utilise, presque uniquement le bronze et demeure une sculpture de relief (porte de la cathédrale d'Hildesheim). Si l'art roman d'Allemagne montre des influences françaises, on peut dire que le gothique est un art français d'importation. Le chœur de la cathédrale de Cologne est une réplique de celui d'Amiens. La cathédrale de Laon inspira souvent les architectes (Bamberg). L'architecture civile gagne en importance à partir du XIVème siècle (hôtel de ville de Münster). La sculpture sur bois et sur pierre se développe, notamment à Bamberg (Porte d'Adam, à la cathédrale où figurent saint Pierre, Adam et Eve). A la fin du XlVème et au XVème siècles, triomphent, en architecture, les Hallenkirchen, "église-halles", dont les bas-côtés ont la même hauteur que la nef (Ulm, cathédrale Saint-Etienne à Vienne), et la sculpture sur bois. Il y a de nombreuses écoles de peinture, notamment à Cologne (Lochner), Les principaux représentants de cet art sont Martin Schongauer (Colmar 1450 - Brisach 1491), mort à 41 ans qui réalisa Vierge au buisson de roses, Mathis Gothar Nithart Grünewald (Würzburg 1445 - Halle 1532), mort à 87 ans qui réalisa le Retable d'issenheim, Michael Pacher (Neustift, Brisen ou Bruneck 1430 - Salzbourg 1498), mort a 68 ans et Holbein l'Ancien. A la fin du XVème siècle, la gravure sur bois prend un essor considérable.

 


II. LA RENAISSANCE :

Albrecht Durer (Nuremberg 1471 - 1528), mort à 57 ans, sans doute le plus grand artiste allemand, peintre, graveur et dessinateur, introduisit dans son pays l'esprit de la Renaissance italienne (les Apôtres Jean et Pierre). Ses gravures firent beaucoup pour sa célébrité, exerçant une forte influence en Europe.


Parmi les peintres de la Renaissance, citons Hans Burgkmair (Augsbourg, 1473 - 1531), mort à 58 ans, Cranach l'Ancien (Cranach 1472 - Weimar 1553), mort à 81 ans qui réalisa Nymphe à la source, Aldorfer, Holbein le Jeune (Augsbourg 1480 - Londres 1538), mort à 58 ans qui réalisa le Portrait d'Erasme, dont la carrière se déroute en partie en Angleterre, Hans Baldung Grien (Le Couronnement de la Vierge). La sculpture est surtout représentée par Riemenschneider, encore gothique, et Le bronzier Peter Vischer (le Roi Arthur, église des Franciscains, à Insbruck).


 

III. LE SIECLE DES LUMIERES :

Après un XVIIème siècle pauvre, le XVIIIème siècle marque un renouveau de l'architecture, notamment en Bavière et en Autriche, où se développe une remarquable architecture baroque, avec Fischer von Erlach, qui construisit l'église Saint-Charles-Borromée, à Vienne, Pöppelmann, l'auteur du palais du Zwinger, à Dresde, Hildebrandt, auteur du Belvédère, à Vienne, les Asam, en Allemagne du Sud. A l'influence Italienne succède la française dans l'architecture civile, Versailles et Marly servant de modèles aux demeures princières (Würzbrug, en Franconie), Frédéric II, avec son architecte Knobelsdorff, imprime sa marque à sa résidence de Potsdam. A Munich nait un art rococo. Le peintre Anton Raphaël Mengs (Aussig, Bohème 1728 - Rome 1779), mort à 51 ans et le théoricien Winckelmann prônent le retour au classicisme inspiré de l'antique.

 

 

IV. LE XIXEME ET LE XX SIECLE :

Durant le XIXème siècle, l'architecture ne présente guère d'originalité. Il faudra attendre la fin du siècle pour lui voir reprendre une vigueur singulière avec les architectes Messel (grands magasins Wertheim à Berlin), Peter Behrens et surtout Gropious, fondateur du Bauhaus en 1919, qui furent des novateurs. L'architecture nazi amena la grandiloquence. Après la guerre, la reconstruction du pays fut l'occasion d'exprimer un renouveau architectural dont le quartier de la Hansa, à Berlin-Ouest, a donné l'exemple. En sculpture, Hildebrand édifie la fontaine de Wittelsbach, à Munich. Au début du XIXéme siècle, les peintres de l'école de Düsseldorf, les nazaréens, créèrent une peinture romantique et catholique. Mais la peinture ne connut un véritable renouveau qu'à la fin du siècle, avec ceux que l'on appelle les "impressionistes" : Max Lieberrnann (Berlin 1897- 1935), mort à 38 ans, Lovis Corinth (Tapiau, Prusse-Orientale 1858 - Zandvoort, Hollande 1925) , mort à 67 ans et Slevogt. Deux mouvements furent particulièrement importants : Die Brücke (fondé en 1905), expressioniste, avec Emst Ludwig Kirchner (Aschaffenburg 1880 - Frauenkirch, prés de Davos 1938), mort à 58 ans, Emil Hansen Nolde (Nolde 1867 - Seebüll 1956), mort à 89 ans, Karl Schmidt-Rottluff (Rottluff, près de Chennitz, Saxe 1887 - Berlin-Ouest 1976) mort à 89 ans, Oskar Kokoschtka (Pöcklarn 1886 - Montreux 1980), mort à 94 ans ; et Der Blaue Reiter en 1911, avec Alexeï von Jawlensky (Torschok 1864 - Wiesbaden 1941), mort à 77 ans, Franz Marc (Munich 1880 - Verdun 1914), mort à 34 ans, August Macke ( Meschede 1887 - Perthes, front de Champagne 1919), mort à 32 ans, Wassily Kandiski ( Moscou 1866 - Neuilly-sur-Seine 1944), mort à 78 ans, qui fut, comme Paul Klee (Münchenbucksee 1879 - Muralto-Locarno, Italie 1940), mort à 61 ans, un des précurseurs de l'art abstrait, encore représenté par Baumeister Max Emst (Brühl, Rhénanie 1891 - Paris 1976), mort à 85 ans, est l'un des créateurs du surréalisme. Sous Hitler, Arno Breker sculpta des statues colossales.


IV. MUSIQUE :


Après avoir imité tardivement trouvères et troubadours (Minnesänger), la musique allemande trouve son expression propre dans le choral luthérien, la lithurgie étant traduite et orchestrée au XVIIème siècle par Heinrich Schütz (Köstritz 1585 - 1672), mort à 87 ans, Dietrich Buxtehude (Osdesloe 1637 - 1707), mort à 70 ans et
Johann Pachelbel ( Nuremberg 1653 - 1706), mort à 53 ans, pendant que Samuel Scheidt ( Halle 1587 - 1654), mort à 67 ans illustre la musique instrumentale.

Au XVIIlème siècle, le classicisme se dessine avec Georg Philipp-Telemann (Magdeburg 1681 - 1767), mort à 76 ans et surtout avec Jean-Sebastien Bach (Eisenach 1685 - 1750), mort à 65 ans. Celui-ci conduit à son sommet la cantate, déploie son lyrisme dans les Passions (selon saint Jean en 1723, selon saint Mathieu en 1729) et la Messe en si mineur (1733 - 1738). L'orgue est l'instrument essentiel de sa production (Toccata et fugue en ré mineur en 1709) et son œuvre pour clavecin dominera l'histoire des formes (1er livre du Clavecin bien tempéré en 1722).


Georg Friedrich Händel (Halle , Saxe 1685 - Londres 1759), mort à 74 ans a surtout un tempérament dramatique (le Messie en 1741), mais il excelle dans la musique populaire (Watermusic en 1717) et le concerto grosso. Le grand art classique s'édifie avec Joseph Haydn (Rohrau, Basse Autriche 1732 - 1809), mort à 77ans et Wolfang Amadeus Mozart (Salzbourg 1756 - 1791), mort à 35 ans . Les messes du premier font preuve d'un grand sentiment religieux; il introduit le pittoresque dans l'oratorio (la Création en 1798), enrichit la sonate, la symphonie et les quatuors. Mozart est avant tout et surtout un des fondateurs du drame allemand (Les Noces de Figaro, 1786 et Don Giovanni, 1787).

Ludwig van Beethoven (Bonn 1770 - 1827), mort à 57 ans donne naissance à un message musical plus subjectif, il atteint dans les 17 Quatuors un langage dramatique inégalé. Sa conception de la symphonie, qui peint l'héroïsme et les joies de l'homme, aura une grande influence (3ème symphonie en mi bémol majeur, 1804 et 9ème symphonie en ré mineur, 1823).


Au courant romantique se rattachent Cari Maria von Weber (Eutin 1786 - Londres 1826), mort à 40 ans, créateur de l'opéra romantique (Obéron, 1826), Franz Schubert (Licktenthal 1797 - 1828), mort à 31 ans, réinventeur du lied (le Voyageur d'hiver,1827) et Robert Schumann ( Zwickau, Saxe 1810 - 1856), mort a 46 ans (Lieder : les Amours du poète, 1840; Oratorio : Manfred, 1849). Les opéras de Richard Wagner (Leipzig 1813 -Venise 1883), mort à 70 ans se caractérisent par l'emploi de la mélodie continue, du leitmotiv et du chromatisme (Tannhäuser,1845; la Tétralogie, Tristan et Isolde, 1858 et Parsifal, 1882). Johannes Brahms (Hambourg 1833 - 1897), mort à 64 ans se rattache étroitement au romantisme par son inspiration passionnée.


A la fin du XIXème siècle. Gustav Mahler ( Kalischt, Bohème 1860 - 1911), mort à 51 ans renouvelle la symphonie en lui adjoignant le lied (le Chant de la terre, 1908). Richard Strauss (Munich 1864 -1949), mort à 85 ans est un coloriste d'un accent nouveau (Till Eulenspiegel 1895 et le Chevalier à la rosé, 1911).

Au XXème siècle, Paul Hindemith (Hanau 1895 - 1963), mort à 68 ans crée de vastes architectures sonores, Arnold Schönberg (Vienne 1874 -1951), mort à 77 ans, emploie l'atonalisme (Pierrot lunaire, 1912 ) et la méthode sérielle dans le dodécaphonisme (Variations pour orchestre, 1927 -1928). D'où l'orientation de Alban Berg (Vienne 1855 - 1905), mort à 50 ans qui a composé Wozzeck, 1917 - 1921 et Lulu, 1928-1935) et d'Anton von Weber (Vienne 1883 - Mittersill, prés de Salzbourg 1945), mort à 62 ans, qui composa La mélodie des timbres, Karlheinz Stockhausen (Mödrath, prés de Cologne 1928 - ?), mort à ? ans est un des représentants du mouvement sériel (Contrepoints, 1953 -1954).

Publié dans Allemand

Commenter cet article