Histoire des Pays-Bas

Publié le par Eric Balay

Le royaume des Pays-Bas est constitué en 1815 par l'union des anciennes Provinces-Unies et des anciens Pays-Bas autrichiens, la couronne revenant à Guillaume 1er (1772 -1843), mort à 71 ans, de la famille d'Orange-Nassau.


Guillaume 1er qui régna de 1315 à 1840, aidé de son principal ministre Gilsbert Karel Van Hogendorp, patronne de nombreux travaux d'assèchement, favorise la construction de nombreuses voies d'eau et de voies ferrées, mais reste fidèle au protectionnisme, lié lui-même au colonialisme de profit (Indonésie); d'autre part, il s'efforce de maintenir son équilibre à la fois poétique, culturel et économique entre Belges (francophones ou flamands) et Hollandais. En fait, l'union belgo-hollandaise se heurte à de multiples antagonismes. Si bien que l'indépendance de la Belgique-révoltée à partir du 25 Août 1830 - est un fait que l'Europe entérine dès 1831 - mais que le roi des Pays Bas, battu par les Français, qui s'emparent d'Anvers en 1832, ne reconnaît qu'en 1838 ; le traité de Londres de 1839 laisse d'ailleurs une partie de Limbourg aux Néerlandais, il est vrai que les Belges gardent une partie du Luxembourg.


La longue lutte menée contre les Belges dissidents a affaibli le royaume des Pays Bas, réduit pratiquement aux limites des anciennes Provinces-Unies. Aussi Guillaume 1er doit-il compter avec la montée du parti libéral, dont le leader est Johan Rudolf Thorbecke (1798 -1872), mort à 74 ans, et qui obtient en 1840 une révision de la constitution dans un sens favorable à la responsabilité ministérielle, au détriment du pouvoir royal. Le roi peut, il est vrai, s'appuyer sur le réveil calviniste, contre-révolutionnaire, mené par Guillaume Groen Van Prinsterer.

Devenu très impopulaire, Guillaume 1er abdique en 1840 en faveur de son fils, Guillaume II (1792 - 1849 , mort à 57 ans, qui régna de 1840 à 1849. Celui-ci doit tenir compte d'un large courant libéral et réformiste. La grande crise frumentaire (attribution du blé à bas prix) des années 40 et les mouvements revolutionnaires européens de 1848 incitent le roi à accorder en 1848 une constitution très libérale, qui instaure un système d'élection directe (mais censitaire) pour les deux chambres : les Etats provinciaux el les conseils municipaux.


Guillaume III (1817 - 1890), mort à 73 ans, qui régna de 1849 à 1890 poursuit la politique de son père, faisant de Thorbecke le pilier de son régime. Cependant l'"ère Thorbecke" (1849 - 1853, 1862 -1866 et 1871-1872) connaît quelques éclipses, favorables aux conservateurs et à leur leader, Floris Adrian Van Hall. L'une des difficultés de la vie politique réside alors dans la reconstitution de la hiérarchie catholique en1853. Finalement, malgré l'opposition primitive des calvinistes conservateurs, la traditionnelle tolérance hollandaise permet aux catholiques de s'intégrer profondément à la vie politique du pays. Après la mort de Thorbecke en 1872, l'éventail politique se diversifie et se complique, du fait, notamment de la question scolaire, le loyalisme à l'égard de la maison d'Orange cimentant l'immense rnajorité de la population. En 1887, la Constitution est modifiée dans un sens plus libéral.


Le long régne de Guillaume III est, d'autre part, caractérisé par l'essor économique du pays, essor favorisé par le libre-échange à l'anglaise, instauré en 1862 : le pays joue alors de nouveau son rôle de région de transit, qui l'enrichit. Mais, comme partout, cette prospérité a comme envers la paupérisation du prolétariat industriel et agricole. Sous I'influence des libéraux, une importante législation sociale est mise en place, notamment sous le ministère dirigé de 1897 à 1901 par Nicolas Gérard Pierson, tandis que se développent un puissant syndicalisme et un socialisrne de combat : celui-ci prend forme en 1881 avec l'Union social-démocrate de Ferdinand Domela Neuwenhuis. Parallèlement, le catholicisme d'action sociale trouve un leader dans un prêtre catholique, Alphonse Ariëns.

A Guillaume III succède sa fille Wilhelmine (1880 - 1962), morte à 82 ans, qui n'a que dix ans et qui jusqu'à son couronnement en 1898, régne sous la régence de sa rnére Emma de Waldeck-Pyrmont. La jeune reine, qui se rendra très populaire, est a la tête d'un pays en pleine mutation, ce qui provoque, face au parti calviniste anti-révolutionnaire, au pouvoir de 1901 a 1905 avec son fondaleur, Abraham Kuyper, la montée d'un courant socialiste révolutionnaire républicain et anticlérical, avec Pieter Jelles Troelstra, fondateur en 1894 du parti social-démocrate. Celui-ci, en battant les libéraux en 1905, oblige la coalition chrétienne à élargir la législation sociale. La démocratie hollandaise trouve son assiette en 1917 avec l'instauration au suffrage universel (en 1919 pour les fermmes) et le pacte scolaire, qui établit l'égalité absolue entre l'enseignement d'Etat et l'enseignement privé.


Siège de la Cour Internationale de La Haye, les Pays-Bas tiennent beaucoup a leur neutralité. Celle-ci s'affirme de 1914 à 1918, encore que le pays, isolé, ait beaucoup souffert économiquement des hostilités. Malgré la pression social-démocrate, la coalition chrétienne se maintient au pouvoir en 1918. L'action du leader du parti anti-révolutionnaire, Hendrikus Coljin, au pouvoir en 1925 et en 1926, puis de 1933 à 1939, est particulièrement sensible sur le plan social. Mais la crise économique mondiale, la rnontée du nationalisme en Indonésie et la formation d'un petit parti nazi favorisent la reconstitution de la coalition chrétienne avec D.J de Geer, Premier ministre en août 1939.


Le 10 mai 1940, le pays est envahi par les Allemands : dès le 14 mai, l'armée doit capituler, tandis que la reine et le gouvernement se réfugient à Londres. Le pays connaît jusqu'en 1945 la plus grande tragédie de son histoire : déportations (d'ouvriers et de Juifs surtout), destructions et humiliations provoquent la formation d'une active résistance. La reine Wilhelmine restant l'âme du pays. La capitulation allemande et la rentrée de la reine (mars-mai 1945) préludent a la Libération, qui est suivie d'une période d'intenses reconstructions économiques ; la vie politique se simplifie avec la formation, en 1946, du parti du Travail, qui absorbe plusieurs formations de gauche et les sociaux-démocrates, et qui allié au parti populaire catholique, garde le pouvoir jusqu'en 1959, d'abord en 1946 avec le catholique Louis Beel puis en 1948 avec le socialiste Willern Drees.


La reine Wilhelmine abdique en 1948 en faveur de sa fille Juliana (1909 - ?), morte à ? ans, qui, de son mariage avec Bernard de Lippe-Blesterfeld, a quatre filles dont l'heritière du trône, Béatrix. Le principal problème auquel est affronté la reine Juliana est celui de l'Empire colonial néerlandais, qui échappe aux Pays-Bas, presque totalernent à partir de 1954. Privé du commerce colonial, le pays opère alors une véritable révolution économique, en développant notamment leur industrie l'assèchement du Zuiderzee et l'application du plan Delta contribuent à faire de Rotterdam le premier port mondial. Tout naturellement, les Pays Bas recherchent avec leur voisins la coopération économique : d'où la formation du Bénélux (1944 - 1948), puis l'entrée dans la C.E.C A. (1951 - 1952) et dans le Marché commun en 1957.


Le morcellement des partis maintient une certaine instabilité politique , encore catholiques et socialistes - alternativement au pouvoir - reste les partis les plus représentatifs. Cependant, la formaion d'un parti radical avec les dissidents des partis catholique et protestant, illustre une relative desaffection de la jeunesse à l'égard des anciens partis ; cependant, l'église catholique néerlandaise témoigne d'une vitalité parfois taxée de témérité.

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