Le siècle d'or

Publié le par Eric Balay

Au XVIeme siècle, le mécénat bourgeois stimule une production artistique et s'affichent les idéaux de commerce, de richesse et de liberté. La peinture se diversifie : c'est le Siècle d'or.


C'est dans la peinlure que s'exprime le mieux l'originalité hollandaise. Le tableau est devenu un placement sûr, au même titre que l'argenterie, le tapis d'Orient ou le mobilier. Et ce qu'on ne peut acquérir, on le fait représenter sur des toiles, où le vase de cristal et les précieuses nappes damassées font plus vrai que nalure. On voit alors apparaître en peinture de nouveaux genres qui vont transformer l'iconographie occidentale, jusqu'alors limitée aux scènes religieuses, historiques ou mythologiques.

Déjà en vogue à la fin du siècle précédent, le portrait connaît un véritable essor, bourgeois seuls ou en farnille, groupes corporatifs de régents, syndics, gardes civiques ou même médecins, et même les taureaux préférés, sont immortalisés par les grands maîtres hollandais, qui s'entourent de nombreux élèves pour pouvoir répondre à une demande importante. Frans Hals(1581 ?- 1666), mort à 85 ans, à Haarlem et Rembrandt a Amsterdam sont aujourd'hui les plus célèbres, maas leur manière très personnelle de peindre ne plaisait pas toujours aux commanditaires. On leur préferait Michel van Mierevelt (1567 - 1641), mort à 74 ans, Bartholomeus Helst (l6l3 - ?) et Thomas de Keyser (1597 - 1667), mort à 70 ans. Paulus Potter (1625 - 1654), mort à 29 ans, quant à lui, se spécialise dans le portrait animalier.


Après avoir servi de cadre à des scènes mythologiques et historiques, ou fait de timides apparitions derrière les portraits individuels, le paysage sous toutes ces formes et notamment maritime acquiert son indépendance et certains artistes y déploieront tout leur génie. Le précurseur Jacob van Goyen (1595 - 1656), mort à 61 ans, est suivi de beaucoup d'autres, chacun étant spécialisé dans un genre différent, comme Hercules Seghers (1590 -1638), mort à 48 ans. En retrouvant le lien qui unit les terres grasses, l'eau et le ciel bas, Jacob van Ruisdael (1628 ? - 1682), mort à 54 ans, et Meindert Hobbema (1638 - 1709), mort à 71 ans plus réaliste que son rnaître, exprimant leurs états d'âme. La mer, seconde patrie des Hollandais, constitue une source inépuisable d'inspiration pour Jacob van de Capelle (1624 - 1679), mort à 55 ans, qui sait à merveille capter les effets de lumière sur les vagues et Willem van de Velde le Jeune (1633 -1707), mort à 74 ans. Le passage urbain a également ses poètes comme Pieter Saenredam (1597 - 1665), mort à 68 ans et .Emmanuel de Witte (1617 - 1692), mort à 75 ans, qui reproduisent les intérieurs géométriques et intellectuels des églises reformées.


La bourgeoisie urbaine fait pénétrer les peintres dans la maison, univers clos où se déroule la vie quotidienne. Presque chaque couche sociale s'attache un artiste : Gérard Dou (1613 - 1675], mort à 62 ans - un élève de Rembrandt van Rijn {Leyde 1606 - Amsterdam 04.10.1669), mort à 63 ans - Gérard Ter Borch (16l7 - 1681), mort a 64 ans, puis Adrian Von Ostade(1610 - 1685), mort à 75 ans et Jan Steen (1629 - 1679) mort à 50 ans peignent les paysans et la moyenne bourgeoisie des villes, le dernier affectionnait l'illustration de proverbes.


Le souci de réalisme entraîne nombre d'artistes à exercer leurs talents de virtuoses dans la nature morte. Fleurs, fruits, instruments de musique ou gibier leur permettent de rendre à la perfection les matières et les transparences. Mais sous ces allégories du wellevens kunst (l'art de bien vivre) perce parfois l'esprit typiquement protestant de la vanité des choses terrestres. La mort, à l'image des crânes ou des sabliers inexorables, rôde derrière la translucidité des verres ou la fragilité des fleurs et des fruits. Cet art subtil trouvera en Willem Heda (1594 - 1680), mort à 86 ans et en Pieter Claesz (1597 - 1661), mort à 64 ans, ses meilleurs représentants.

Publié dans Néerlandais

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