L'aventure des langues en occident - les langues celtiques

Publié le par Eric Balay

(p. 65 - p. 99)

 

Le berceau de cette civilisation se situait en Europe Centrale dans une région correspondante à la Bohême et à la Bavière actuelles, où leur présence est attestée depuis plus de trois mille ans.

S'il est rare que le nom géographique actuel soit suffisamment transparent pour que l'on reconnaisse au premier coup d'œil, on sait, en particulier grâce aux auteurs latins, que l'ancienne forme du nom de la ville de Lyon était Lugdunum "la forteresse du dieu Lug", et qu'il existe 26 autres Lugdunum en Europe, où l'on retrouve le radical -dunum que dans down, (Irlande), Verdun,, Leyde (Pays4-Bas) ou Liegnitz (Silésie)

 

On sait que Milan (Italie) est le plus ancien Mediolanum connu, la ville ayant été fondée en 396 av. J.C. (dans Mediolanum, medio signifie "au milieu" et lanum "plaine", puis "clairière sacrée") et qu'il y a en Europe 54 autres toponymes remontant au même mot. Celui-ci est fréquent en France (par exemple Meudon, Meillant ), mais il se trouve aussi en Angleterre, en Allemagne et jusqu'en Serbie.

 

L'if (gaulois eburo) a été aussi très employé dans les noms des lieux, car c'était pour les Celtes un arbre sacré. Ce mot celtique a pris des formes différentes selon les diverses prononciations locales et les suffixes ajoutés : Eburacum est devenu York-en Angleterre, Evreux et Embrun en France Evora au Portugal et Yverdon en Suisse.

 

 

PETIT LEXIQUE CELTIQUE

Ambe- ; rivière (ex : Amboise, Amiens)

Ande- : préfixe augmentatif (ex : Angers)

Beal- : embouchure (ex : Belfast)

Borvo : dieu des sources chaudes (ex : Bourbon-l'Archambault, La Bourboule)

Briva : pont (ex : Brive)

Cambo- : courbe d'un cours d'eau (ex : Chambéry, Chambord)

Cumba.; vallée (ex : Côme)

Dubron : eau courante (ex : Douvres)

-Durum : forteresse, village (ex : Auxerre, Evreux, Nanterre)

-lalo : clairière, village (ex : Argenteuil, Auteuil, Creil, Créteil)

-Late : terrain plat, marais (ex : Arles )

-Lindo : eau, étang (ex : Dublin)

Magos : plaine, marché (ex : Gien-, Meung, Noyon, Rouen)

Nemeto : sanctuaire, bois sacré (ex : Nanterre)

Petro : quatre (ex : Périgueux)

-Râte: rempart (ex : Argentré, Carpentras)

-Ritum : gué (ex : Chambord, .Niort).

Verno- : aulne (ex : Vernon, Verone)

Vindo- : blanc (ex : Guingamp, Vendôme, Vienne (Autriche)

 

Les inscriptions ogam (au nombre de 360 inscriptions "ogamiques", l'absence de la lettre "P", inutile en celtique ancien, et l'existence d'un signe particulier pour Ng, différent à la fois de "N" et de "G" sont des notions intérressantes), sont difficiles à dater, mais qui, pour la plupart semblent remonter au Vème siècle apr. J.C. Elles ont été découvertes uniquement dans les îles Britanniques. Cet alphabet, peut-être utilisé à des fins cryptiques, a été abandonné au Vllème siècle av. J.C., et c'est uniquement avec l'alphabet latin que les premiers textes celtiques ont été finalement écrite.

On connaît l'histoire romanesque de saint Patrick, patron des Irlandais : né vers 390 de notre ère, au Pays de Galles, il avait été enlevé par des pirates à l'âge de seize ans, puis libéré six ans plus tard, et avait été nommé évêque en 432, juste avant de partir évangéliser l'Irlande. Ce que l'on méconnaît souvent, c'est qu'en Irlande on ne l'appelait pas Patrick , mais Cothraige.

Le celtique se subdivise en goïdélique (ou gaélique), qui correspond aux parlers d'Irlande et d'Ecosse; le celtibère n'a pas survécu et le brittanique dont fait partie le gaulois.

La publication des poèmes d'Ossian a été la plus grande et la plus réussie des impostures littéraires de tous les temps : tirées de I 'oubli par un poète écossais nommé Macpherson   (Ruthven, comté d'Inverness1736 -  Belville, comté d'Inverness 1796 ), mort à 60 ans, et qui signait Ossian, les plus vielles légendes celtiques, traduites par ses soins, ont été sources d'inspiration des personnalités les plus marquantes de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle : Byron   (Londres, 1788   - Missolonghi 1824 ), mort à 36 ans, et ses disciples; Michel Etienne Turgot, marquis de Sousmont (Paris 1690 - id.1751 ), mort à  61 ans, Denis Diderot  (Langres 1713 -Paris 1784), mort à   71 ans, chez les écrivains français;

Johann Wolfgang Goethe (Francfort-sur-Main 1749 – Weimar 1832)  mort à 83   ans, Friedrich von Schiller  (Marbach 1759 - Weimar 1805) mort à 46  ans et Gothold Ephralm Lessing   (Kamenz , Saxe 1729   -Brunswick 1781), mort à 52.  ans, chez les écrivains allemands. Mais l'homme qui a le plus admiré Ossian est peut-être Napoléon qui, lorsqu'il partait en campagne, emportait toujours la traduction italienne de ses poèmes.

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