Définitions stylistiques - de A à D

Publié le par Eric Balay

ACRONYME  : Groupe d'initiales abréviatives, plus ou moins lexicalisé. On les prononce comme s'il s'agissait d'un nouveau mot.

ACROSTICHE : Poème dont on peut lire le nom de l'auteur dans un mot formé des initiales de chaque vers. (cf. Villon)

Ex. :     La nuit descend

On y pressent

Un long un long destin de sang

Apollinaire,    Si   je   mourais   là-bas. (poème envoyé à sa maîtresse Lou)

ADYNATON : Hyperbole impossible à force d'exagération (cf. ceux de Virgile)

Ex. :     Ne pas se laisser condamner à défaire les chignons de bronze (Michaux)

Le topos du monde renversé est un cas particulier d'adynaton :

Ex. :     Ce ruisseau remonte en sa source,

Un bœuf gravit sur un clocher,

Le sang coule de ce rocher,

Un aspic s'accouple d'une ourse

Théophile de Viau

ALLOGRAPHE (Neol.) : Texte transcrit en d'autres mots. On a remplacé des mots par des homophones qui semblent conférer à la phrase un sens nouveau.

AMPHIBOLOGIE : Ambiguïté d'origine grammaticale (syntaxique ou morphologique)

ANACOLUTHE : Rupture de construction syntaxique

Ex. : Pour qui a vu une révolution sait à quoi s'en tenir. Elle berce et sourit à son enfant. Le roman n'est pas pressé comme au théâtre.

"Le jour s'est levé et qui ne permet pas de voir à plus de dix mètres autour de soi"

Giono, Fragments d'un paradis

"Intrépide, et partout suivi de la victoire, Charmant, fidèle enfin : rien ne manque à sa gloire"

Racine, Andromaque

ANADIPLOSE : Au début d'une phrase, on reprend, en guise de liaison (parfois emphatique) un mot de la phrase précédente.

ANAMNÈSE (Remémoration) : Forme de pensée religieuse hébraïque ; les souvenirs d'événements concrets remplacent l'expression d'une idée, d'un sentiment.

Ex. : Lui qui fit marcher son peuple dans le désert...lui qui frappa de grands rois... (GrandHalle, Psaume 135,16-17)

ANAPHORE  : Répétition du même mot en tête des phrases ou des membres de phrase.

Ex. : II cuisine, mais il le fait rarement

 

L'anaphore en syntaxe est de même nature que la catephore qui consiste cette fois pour un substitut à annoncer un terme, comme te dans l'exemple suivant, qui annonce la préposition complétive :

Ex. : Je vous le disais bien, qu'il allait pleuvoir.

ANASTROPHE : Renversement de l'ordre dans lequel se présentent habituellement les termes d'un groupe.

Ex. : muras intra au lieu d'intra muros.

ANTANACLASE : Procédé s'agissant de reprendre les mots de l'interlocuteur (ou de la partie adverse) en leur donnant une signification autre, dont on pourra tirer avantage

ANTEPIPHORE : Répétition de la même formule ou du même vers au début et à la fin d'une période ou d'une strophe (cf. poème de Baudelaire, p.51)

ANTIPARASTASE : Réfutation qui consiste à montrer que le fart incriminé est au contraire louable.

ANTITHÈSE : Figure qui consiste à rapprocher deux unités aux significations opposées :

Ex. : "Loin de vous la ravir, on va vous la livrer (...)

Racine, Bérénice "L'église du bon Dieu n'est que votre buvette"

Hugo, La religion est glorifiée

mais elle implique aussi souvent une construction syntaxique particulière comme la négation :

Ex. : "c'est l'otage de Rome, et non plus votre fils"

Corneille, Nicomède

ANTONOMASE : Prendre un nom commun pour un nom propre ou un nom propre pour un nom commun.

APHÉRÈSE : Retranchement d'une syllabe ou d'une lettre au commencement d'un mot.

APOSIOPÈSE : Interruption brusque, traduisant une émotion, une menace, une hésitation (cf. p.65)

ASSONANCE : Retour d'un même son à la fin d'un vers ou d'une phrase ou de deux vers ou de deux phrases (dernière syllabe accentuée)

ASTÉISME : Badinage délicat et ingénieux par lequel on loue ou l'on flatte avec l'apparence même du blâme et du reproche.

ATELLANE : Farce fort populaire à Rome, improvisée puis écrite, où reviennent un certain nombre de personnages types, comme Maccus, homme goinfre et stupide, Bucco, la "bouche", gourmand et rusé, Pappus, grand-père avare et libidineux qui annonce Pantalon, Dossenus, le bossu, parasite, Manducus et Lamia, l'ogre et l'ogresse. De là dérivent sans cloute de la . Les acteurs d'atellane jouent masqués, à la différence des acteurs de comédie et de tragédie qui sont maquillés.

AUTONYMIE : A la différence des autres relations lexicales, l'autonymie ne concerne pas la relation des signes entre eux, mais la relation d'un signe à lui-même. Un signe autonyme est en effet à lui-même son propre réfèrent.

Ex. : Lente est féminin Chevaux est un pluriel

 

BATHOS : Gradation ascendante, brusquement rompue (cf. A. de Musset, p. 92)"

BATTOLOGIE : Répétition oiseuse, fastidieuse des mêmes pensées sous les mômes termes dans deux propositions proches.

BOUCLE : Texte qui se termine par un retour au point de départ tel que l'on puisse imaginer que tout recommence, et recommencera à nouveau quand on sera revenu à la fin, et ainsi de suite.

BOUSTROPHEDON : Transcription graphique de droit à gauche.

BRACHYLOGIE : Vice d'élocution qui consiste dans une brièveté excessive, et poussée assez loin pour rendre le style plus confus.

CALLIGRAMME : Mot inventé par Apollinaire pour désigner ce qu'il appela d'abord des idéogrammes lyriques : il disposait le texte poétique de façon à dessiner approximativement quelque objet correspondant.

CATACHRÉSE : La langue paraissant parfois ne pouvoir offrir de terme propre, on a recours à une dénomination tropologique, qui parfois se lexicalisé.

CHIASME : Procédé qui consiste en une double antithèse (opposition dans deux groupes au sein de la phrase) dont les termes sont inversés.

Ex. : Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.

CHLEUASME : Ironie tournée vers soi appelant la compassion de l'interlocuteur.

CIRCONLOCUTION : Embarras qu'on éprouve à dire une chose.

COMÉDIE ANTIQUE : Comédie grecque et latine dans l'Antiquité. Elle se caractérise par quatre types succesifs :

  • La comédie attique, au Vème siècle av. J.C., est un théâtre politique virulent dans lequel le chœur joue un rôle essentiel (Ex. : Aristophane)
  • La nea est la comédie de l'époque hellénistique, qualifiée de "nouvelle" par opposition à la comédie attique. Elle se caractérise par la réduction du chœur, et par l'exploitation d'intrigues domestiques. Elle annonce la comédie latine (ex : Ménandre)
  • La palliata et la togata, comédies latines, s'inspirent de la comédie hellénistique. La première est ainsi nommée car les acteurs portaient le pallium, manteau grec (ex : Térence), la deuxième car ils révélaient la toge romaine (ex : Plaute)

CONCATÉNATION : Mot proposé par Beauzée pour cette gradation où un mot se répète d'un membre dans le suivant, et les enchaîne ainsi les uns aux autres.

CONCETTI : Formules de la poésie italienne antérieure au XVIIeme siècle, qui frappaient par leur sens subtil et leur forme recherchée (antithèse, allusions mythologiques...); le mot finit, en France, par désigner toutes les pointes précieuuses (cf. tirade de Cyrano de Bergerac, p. 127)

CONTREPOINT : Plusieurs isotopies (terme qui n'est pas un procédé; mais c'est un concept nécessaire à la définition des procédés. Il renvoie non seulement à un sens; mais à un réfèrent = concept du monde) distinctes se poursuivent en alternance.

CRASE : Contraction de deux syllabes en une.

DEIXIS (du grec "action de montrer") : En un sens restreint,  la deixis désigne à propos du langage le fait d'articuler un énoncé sur un réfèrent extralinguistique par un démonstratif. Ceux-ci sont ainsi tantôt anaphoriques, lorsqu'ils renvoient à un élément du contexte antérieur.

Ex. : J'ai vu Jacques. Ce garçon m'inquiète.

 

et tantôt déictiques :

Ex : Regardez cet enfant !

En un sens large, la deixis renvoie à renonciation.

DIAPHORE : Répétition d'un mot déjà employé en lui donnant une nouvelle nuance de signification.

DIERESE : dissociation d'une diphtongue en deux syllabes métriques. La diérèse peut être signalée par un tréma.

Ex. :   ¡ que descansada vida ! (7 = 7)

DISJONCTION : Construction syntaxique dans laquelle les éléments communs à plusieurs propositions parallèles sont en quelque sorte "mis en facteur" de façon à ne pas devoir être répétés.

DISLOCATION : Procédé de mise en relief de tout membre de phrase, au moyen de représentants (pronoms personnels ou démonstratifs) qui autorisent soit l'anticipation, soit la reprise

Ex : Ils sont si orgueilleux, les Corses

Publié dans Français

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