Définitions stylistiques - de I à M

Publié le par Eric Balay

INCLUSION : Commencer et finir un poème,une nouvelle, une pièce de théâtre par le même mot, la même phrase (cf. le Chiendent de R.Queneau)

IN PETTO : Partie de l'énoncé que le locuteur garde pour soi.

ISOLEXISME : L'isolexisme (néol.)  est, dans les limites de la phrase, le retour, mais dans des conditions différentes, d'un lexème déjà énoncé.

ISOTROPIE (voir à "Contrepoint')

KAKEMPHATON : Rencontre de sons d'où résulte un énoncé déplaisant   (cf. 1ère édition des Horaces de Corneille, p.273)

LETTRISME : Mouvement poétique du lendemain de la guerre de 1940 avec Isidore Isou (Agrégation d'un nom et d'un messie) et Maurice Lemaître (Qu'est-ce que le lettrisme ?) qui met l'accent sur le signifiant puisque les mots ordinaires ne sont pas utilisés, mais seulement des séquences de sons ou de lettres

LICENCE : Liberté d'expression avec laquelle on en dit plus qu'il n'est permis ou convenable d'en dire.

LIPOGRAMME : Texte en vers ou en prose dans lequelle l'auteur s'est imposé de ne faire figurer que des mots dépourvus d'une certaine lettre. Cette méthode d'écriture a été employée par l'Oulipo et Georges Pérec. Ce dernier a écrit un roman intitulé La Disparition dans lequel il s'est interdit d'employer la lettre "e". A l'inverse, dans un autre roman intitulé Les Revenentes, il s'impose de n'utiliser que la lettre "e".

LITOTE : Procédé qui consiste à se servir d'une expression qui affaiblit la pensée, afin de faire entendre plus qu'on en dit.

Ex. : "Va, je ne te hais point" (tirade de Chimène adressée à Don Rodrigue.)

LOGATOME :   Mot forgé dépourvu de sens, utilisé dans les   tests de perception auditive et de mémoire immédiate.

MACARONISME : La poésie macaronique est celle dans laquelle "on affuble de terminaisons latines les mots de la langue vulgaire."

METABOLE : Accumuler plusieurs expressions synonymes pour peindre une même idée, une même chose avec plus de force.

METALANGUE : Discours de la langue sur la langue. Ceci est possible grâce à des termes métalinguistiques, comme les termes de la grammaire.

Ex : On conjugue les verbes

ou certains termes du langage ordinaire, qui renvoient à la parole comme "dire", "murmure", "discours" etc et grâce au fonctionnement autonyme du signe :

Ex : Chevaux est un nom pluriel

METALEPSE : Figure de rhétorique par laquelle on fait entendre l'antécédent par le conséquent ou te contraire.

METAPHORE : C'est le plus élaboré des Tropes (Procédés de figuration) Figure de rhétorique qui consiste à désigner une chose à l'aide d'un mot appartenant à un autre champs lexical que celui qui englobe cette chose et sans que le terme de comparaison soit prononcé.

Ex. : Un homme courageux = un lion

"des baraques boursouflées", "bourgeonnantes", "champignonnière", "bouffée de musiques", " piaulements canaques", " monstre aux quatre pattes écartées", "trouant le ciel", "corbeilles", "lumière déchirée"... (métaphores relevées dans Les voyageurs de l'Impériale écrit par Aragon.

N.B. : II faut distinguer les métaphores usées : "Cette jeune fille a un teint de lys et de rosé", "La vie orageuse", "verser des torrents de larmes", des métaphores neuves (= surprenantes) employées par les surréalistes et par Victor Hugo. Il existe aussi les métaphores filées (= suivies) dont le fonctionnement est le même que les champs lexicaux. Il y aussi les métaphores hardies comme en témoigne le texte d'André Breton L'union libre ("feu de bois" - chevelure, "éclair de chaleur" = pensées, de sablier = taille, "taille de loutre entre les dents du tigre" = femme, "bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de première grandeur" = femme. On en trouve aussi dans le texte "Bérurier au séraif de San Antonio : "bicarbonate de soude" - San Antonio; "je fais roter" ; "je soulage"; "la main dans la main du cassoulet" ; "peindre en rosé" ; "humanité" ; "en rosé ou en bleu" ; "salle d'attente" ; "chemins de fer" ; "poteaux télégraphiques" ; "le long de la voie" ; "le petit voyage" ; "petite trajectoire minable de brandon" et "pendant cet éclair". Les auteurs du XVI le siècle s'adonnaient aussi à cet exercice (cf. extrait du Lutrin de Boileau) : "s'élève" - alcôve enfoncée; "défendent" = quatre rideaux pompeux; "règne" = heureuse indolence; "muni = d'un déjeuner; "fleur brille" = jeunesse; "double étage" = menton; "gémir" = molle épaisseur

METAPLASME : Terme générique pour toutes les altérations du mot par adjonction, suppression ou inversion de sons ou de lettres.

METASTASE : Lorsque l'adversaire a solidement établi le fait, on répond en rejetant sur autrui la responsabilité.

METATHESE : Altération d'un mot par déplacement, inversion d'une lettre par mauvaise prononciation (d'un élément phonétique)

Ex. : Formage = fromage

METONYMIE : Procédé d'expression qui consiste à nommer un objet au moyen d'un terme désignant un autre objet uni au premier par une relation logique ou simplement habituelle.

Ex. : Une belle main = une belle écriture

La robe = la magistrature

Je bois un verre

MIMÉSIS : Concept issu de l'Antiquité par lequel on désigne la représentation artistique du réel, en littérature, en musique, comme dans les arts plastiques.

Platon, au livre III de La République, oppose deux modes d'écriture, la mimésis, ou imitation parfaite, dans laquelle le poète donne l'illusion que ce n'est pas lui qui parle, mais ces personnages, et la diégésis, dans lequel il parle en son nom. Aristote, dans la Poétique, a déplacé le concept. Selon lui, la mimésis, dans le domaine littéraire, déborde le champ de l'œuvre dialoguée pour recouvrir en partie ce que Platon appelait diégésis. L'épopée recourt elle aussi au mimétique.

MOTIF : Unité de sens, susceptible d'avoir une fonction dans le discours.

MOT-VALISE : Amalgamer deux mots sur la base d'une homophonie partielle, de sorte que chacun conserve de sa physionomie lexicale de quoi être encore reconnu.

Ex. : « II m'a reçu d'une façon famillionnaire » (Freud)

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