Grande-Bretagne

Publié le par Eric Balay

I. GEOGRAPHIE

SUPERFICIE : 230 000 km.2 (3.401 km2 d'eaux intérieures), 960 km de long, largeur max. 480 km)


POPULATION :
   Approx. 57 millions h. (1750: 7.5 h.; 1841: 20.2 h.; 1901: 38,2; 1951: 50,2; 1971: 55,5)


EMIGRATION :
1913 : 389 000 h., 1931-38 : 30 000 h., 1955-79 : 200 000 h. (vers les USA : 1912 : 70 %, 1919 : 7 %, 1923-30 : 74 % -

1931-1938:81%-

POPULATION URBAINE : 92%

Londres : 6.767.500 h.   

Birmingham : 1.007.500 h. (à 177 km de Londres)

Leeds : 710.000 h. (à 304 km de Londres)

Sheffield : 538.000 h. (à 274 km de Londres)

Liverpool : 491.000 h. (à 309 km de Londres)

II nous faut distinguer 32 comtés (celui de West Midlands est le plus grand avec 2.644 000 km2 et Birmingham en est sa capitale). Le Nord et l'Ouest de la Grande-Bretagne (englobant l'Ecosse et le pays de Galles), à la topographie constrastée, sont formés de massifs anciens "rajeunis" à l'ère tertiaire, séparés par des couloirs de basses terres. Du Nord au Sud se succèdent les Highlands du Nord (avec les Hébrides), la dépression du Glen More (empruntée par le canal Calédonien), les monts Grampians (portant le point culminant des îles britanniques, le Ben Nevis (1 343 m.), les Lowlands (de Glasgow à Edimbourg), les Highlands du Sud (Southern Uplands ), la dépression Eden-Tyne, les Pennines, le couloir Severn-Mersey, les monts du Pays de Galles, l'estuaire de la Severn, le canal de Bristol et le massif des Cornouailles. Le Sud-Est est une cuvette sédimentaire, secondaire et tertiaire (bassin de Londres). Le littoral reflète la structure et le relief qu'il borde : les falaises rocheuses (Ecosse) ou calcaires (Sud de l'Angleterre) alternent avec les côtes basses (Wash). L'opposition entre massifs et plaines a été accentuée par l'érosion glaciaire quartenaire, responsable de la formation des lacs allongés (llyns du pays de Galles et surtout lochs écossais) et des véritables fjords (firths ) qui découpent le littoral écossais : la majeure partie des plaines a été recouverte d'une couche d'argile à blocaux, le drift.

II. HISTOIRE :

Jusqu'au IVeme siècle, domination de la Bretagne. Peuplée de Celtes au 1er s av J-C, la Bretagne entretient des rapports commerciaux avec la Gaule ; très tôt, elle attire les convoitises de Rome : mais l'expédition de César (55-54 av. JC) est sans lendemain. La conquête effective de la Bretagne commence sous Claude (43 apr. J-C); Agricola (40 - 93), mort à 53 ans la poursuit (77-83), plaçant l'île sous la domination romaine, jusqu'à la limite des Hautes-Terres d'Ecosse. En fait, la romanisation du pays s'avère difficile; elle se limite aux Midlands et au bassin de Londres, où les villes se développent. Hadrien et Antonin font construire un mur de défense face à l'Ecosse. Dès le IIIeme s apr. J-C., la domination romaine est menacée par les incursions des Pictes et des pirates saxons et scots. Un moment réorganisée sous Dioclétien, la Bretagne est évangilisée, mais, en 407, les dernières légions romaines quittent l'île, 1' abandonnant aux Angles, aux Justes et aux Saxons, qui refoulent les populations celtes dans les régions montagneuses (Ecosse, pays de Galles et Cornouailles), en Irlande et même en Armorique.

Entre le Vème et le XIIème siècle, nous assistons à la naissance de l'état. En effet, des petits royaumes saxons se forment constituant l'Heptarchie. En même temps, le christianisme s'infiltre dans le pays par l'intermédiaire de moines irlandais comme Colomban, et de moines italiens sous la direction d'Augustin, premier archevêque de Canterbury. Les abbayes anglaises deviennent des foyers de civilisation et de culture qui rayonnent par leurs érudits, comme BEDE LE VÉNÉRABLE (mort en 735), ou par leurs missionnaires, dont le plus célèbre est BONIFACE (mort en 754), apôtre des Frisons et de la Germanie. Une menace pèse cependant : les raids Scandinaves.

Après le glorieux régne d'Alfred le Grand (849 - 899), mort à 50 ans, qui dura de 871 à 899, qui unifie toute l'Angleterre, celle-ci retombe dans une certaine anarchie, qui profite aux Danois KNUD LE GRAND (995 -1035), mort à 40 ans règne sur un vaste empire Scandinave, dont l'Angleterre fait partie. Les Anglo-Saxons reprennent ensuite le dessus : Edouard le Confesseur (1042 - 1066) a un règne prospère. Mais, aussitôt après sa mort, Harold (1022 - 1066),mort à 44 ans est aux prises avec un redoutable rival, Guillaume le Bâtard ("le Conquérant"), duc de Normandie, qui, en 1066, le bat à Hastings et fonde le royaume anglo-normand. Guillaume 1er introduit en Angleterre le système féodal. En outre, il crée une administration centralisée. Ses successeurs, Guillaume II le Roux (1087 - 1100) et Henri 1er (1110-1135) consolident le pouvoir.

En ce qui concerne les rivalités franco-anglaises, elles englobent le XIIème et le XVème siècle. Une longue guerre dynastique suit la mort d'Henri 1er ; elle se termine par l'accession au pouvoir de la famille des Plantagenêts. Henri II Plantagenêts (1154 - 1189) restaure l'autonomie monarchique et pose les fondements d'une administration centrale. Par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine en 1152, il devient le maître d'un vaste empire franco-anglais (Normandie, l'Anjou, l'Aquitaine...). Richard Cœur de Lion (1157 -1199), mort à 42 ans, qui régna de 1189 à 1199, poursuit la politique autoritaire de son père et se heurte, comme lui, à l'hostilité des barons et de l'Eglise. L'Irlande passe en 1175 sous la suzeraineté de l'Angleterre.

Jean sans Terre (1167 - 1216), mort à 49 ans, qui régna de 1199 à 1216 perd une grande partie du domaine continental des Plantagenêts au profit du roi de France Philippe Auguste. Profitant de la lutte entre Plantagenêts et Capétiens, les seigneurs normands et saxons se coalisent pour obtenir du roi la Grande Charte (1215), puis, sous Henri III (1216 - 1272), les Provisions d'Oxford (1258), qui donnent une importance grandissante au Conseil royal, destiné à devenir, sous Edouard 1er (1239 - 1307), mort à 68 ans, qui régna de 1272 à 1307), le Parlement. Les Plantagenêts, s'ils peuvent annexer le pays de Galles en 1282, échouent dans leur dessein de réduire l'Ecosse (cf. défaite de Bannockburn, 1314).

Un conflit avec la France à propos de la Guyanne, dernière terre anglaise sur le continent, et à propres de la Flandre, vassale de la France, mais tributaire de l'Angleterre pour la laine de son industrie, enfin les prétentions à la couronne de France d'Edouard III (1312 - 1377), mort à 65 ans qui régna de 1327 à 1377, petit-fils par sa mère de Philippe III le Bel (1268 - 1314), mort à 46 ans, provoquant un long duel franco-anglais, appelé guerre de Cent Ans (1337 - 1453).

D'abord favorable aux Anglais (Crécy, 1346; Poitiers, 1356), la guerre tourne au profit des Français sous Charles V (1338 -1382), mort à 44 ans; sous le faible Charles VI (1368 -1422), mort à 54 ans, et après leur victoire d'Azincourt (1415), les Anglais sont maîtres d'une bonne partie de la France à tel point que le roi d'Angleterre Henri V (1387 - 1422), mort à 35 ans qui régna de 1413 à 1422, est reconnu comme successeur de Charles VI. Mais l'action de Jeanne d'Arc (1412 - 1431), morte à 19 ans et de Charles VII (1403 -1461), mort à 58 ans, finit par bouter les Anglais hors de France (sauf Calais, anglaise jusqu'en 1558). Cette longue guerre a des conséquences funestes pour l'Angleterre : une révolte des "travailleurs" ravage le pays en 1381; les lollards et Wyclif (1320 -1384), mort à 64 ans répandent des doctrines religieuses révolutionnaires ; surtout, de 1450 à 1485, le pays est déchiré par la lutte entre la maison d'York et la maison de Lancastre (guerre des Deux-Roses).

Entre 1485 et 1603, les Tudors régnèrent. Finalement, c'est Henri Tudor qui s'impose et, sous le nom d'Henri VII (1457 - 1509), mort à 52 ans. Il régna de 1485 à 1509 et devient le fondateur de la dynastie des Tudors. Cette dernière culmine tout de suite avec Henri VIII (1491 - 1547), mort à 56 ans qui régna de 1509 à 1547, restaura l'autorité royale et joua le rôle d'arbitre entre les Hasbourg et les Valois. De plus, en rompant avec Rome à propos de son divorce, il est le véritable fondateur de l'Eglise anglicane. En effet, après le règne d'Edouard VI (1537 - 1553), mort à 16 ans, qui régna de 1547 à 1553, favorable aux thèses protestantes, et celui de Marie Tudor (1516 - 1558), morte à 42 ans, qui régna de 1553 à 1558, reine catholique, s'affirment sous Elisabeth 1er (1558 -1603), morte à 45 ans, qui régna de 1558 à 1603 les tendances anglicanes (cf. déclaration des Trente-Neuf Articles en 1563). Par ailleurs, en 1587, Elisabeth 1ère  se débarasse de Marie Stuart (l 542 -1587), morte à 45 ans, et soumet l'Irlande. Sous son règne s'opère une révolution économique et sociale (cf. développement des enclosures et de l'élevage). Poursuivant l'œuvre d'Henri VIII, Elisabeth dote son pays d'une marine qui va s'imposer pendant trois siècles comme la plus forte du monde. La destruction de L"Invincible Armada" espagnole en 1588 écarte définitivement la concurrence ibérique ; la création de colonies (Virginie) et de compagnies de commerce, le développement financier (Royal Exchange de Londres) donnant au pays une place prédominante sur le plan économique.

A Elisabeth, succède, en 1603, Jacques Stuart, roi d'Ecosse, fils de Marie Stuart, qui, sous le nom de Jacques 1er (1566 - 1625), mort à 59 ans, régna de 1603 à 1625, opère la réunion des deux couronnes d'Angleterre et d'Ecosse. Attachés à l'absolutisme et à l'anglicanisme, Jacques 1er et son fils Charles 1er (1600 - 1649), mort à 49 ans qui régna de 1625 à 1649 provoquent l'opposition du Parlement, des catholiques, qui sont persécutés, et des puritains, dont beaucoup émigrent en Amérique. Quand Charles 1er veut lever un nouvel impôt (Ship Money) en 1635, l'opposition lui impose le Long Parlement (1640), dont il veut se passer. Alors éclate la révolution : aux cavaliers du roi s'opposent les partisans du Parlement (ou têtes rondes ). Vaincu à Natschy en 1645, puis livré par les Ecossais aux partisans de Cromwell (1599 - 1658), mort à 59 ans. Charles 1er est condamné et exécuté en 1649. Cromwell, chef des têtes rondes, est d'abord chef du Commonwealth, ou république d'Angleterre (1649 - 1653), puis son protecteur (1653 -1658). Il écrase les Irlandais en 1649 et les Ecossais en 1651, soulevés au nom des Stuarts. Poursuivant la politique des Tudors, il lutte contre l'Espagne (victoire de Cadix en 1656) et l'hégémonie hollandaise (Acte de navigation en 1651). Son fils, Richard Cromwell, lui succède en 1658, mais abdique en 1660. Le général Monk rappelle les Stuarts : Charles II (1630 -1685), mort à 55 ans, qui régna de 1685 à 1688 , revenu de Hollande, montre des velléités de gouvernement autoritaire, favorable aux catholiques et à la France, mais doit compter avec l'opposition du Parlement. Son frère Jacques II (1633 - 1701), mort à 68 ans, qui régna de 1685 à 1688, agit avec moins de prudence : catholique, il est rejeté par la nation, qui fait appel à Guillaume de Nassau, marié à Marie Stuart, une protestante, née d'un premier mariage de Jacques II. Tandis que ce dernier s'enfuit en France en 1688, Guillaume de Nassau (Guillaume III) (1650 -1702), mort à 52 ans et Marie II (1660 -1727), morte à 67 ans, sont proclamés "roi et reine d'Angleterre"; auparavant, ils ont souscrit à la Déclaration des Droits, qui limite le pouvoir royal.

De 1689 à 1714, les règnes de Guillaume III (1689 -1702) et de Marie II (1689 - 1694), puis d'Anne Stuart (1702 - 1714) voient la consolidation des libertés traditionnelles et des tendances protestantes. L'Irlande, révoltée, est réduite à un véritable état d'esclavage, tandis que l'Ecosse, désormais définitivement ralliée à l'Angleterre par un Acte d'union, forme avec elle le Royaume de Grande-Bretagne (1707). Sur le plan extérieur, la guerre de la Succession d'Espagne, à laquelle participe le Royaume de Grande Bretagne, abaisse la puissance française au profit des Anglais. La création de la Banque d'Angleterre (1694) et le développement du domaine colonial (Antilles, Gibraltar) marquent l'essor décisif de l'économie britannique.

Le XVIIIe siècle est marqué par la prépondérance anglaise et l'instauration du régime parlementaire. En application de l'Acte d'établissement (1701), qui a écarté les Stuarts de la succession, Anne a comme successeur l'Electeur de Hanovre, George. Le règne des deux premiers Hanovriens, George 1er, qui règna de 1714 à 1727 et George II (1683 - 1760), mort à 77 ans, (1727 - 1760), peu préoccupés des intérêts anglais, favorise le triomphe de l'aristocratie foncière et, au prix d'une véritable corruption électorale, l'hégémonie du parti libéral whig. Cependant, au long ministère whig présidé par Walpole (1721 - 1742), partisan de la paix, succède, avec William Pitt (1757 - 1761), une ère marquée par le réveil national et religieux ainsi que par l'intervention dans les conflits européens; le traité de Paris (1763), signé à l'issue de la guerre de Sept Ans (1756 - 1763), assure à la Grande-Bretagne la possession du Canada et de l'Inde et l'hégémonie maritime. En même temps, l'économie anglaise est bouleversée par la révolution industrielle (charbon, machine à vapeur, canaux, métiers mécaniques), qui, à la fin du XVIIIe siècle, la classe de loin la première des nations industrielles, la formidable flotte anglaise étant garante d'une hégémonie incontestée.

George III (1738 - 1820), mort à 82 ans, qui régna de 1760 à 1820, veut restaurer l'autorité royale en s'appuyant sur les tories, mais son autoritarisme provoque l'indignation de la nation puis l'insurrection des colonies d'Amérique. Après une guerre avec les colons américains, soutenus par la France, l'Angleterre doit reconnaître l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique (traité de Versailles, 1783). Après cette humiliation, toute l’œuvre du second Pitt (1783 - 1801), qui s'appuie sur les tories, est vouée à la reconstruction nationale ; il tourne toutes les forces du pays contre la France révolutionnaire et napoléonienne. S'il ne voit pas la victoire sur la France (Waterloo, 1815), il en est l'un des promoteurs.

La suprématie britannique est le trait dominant du XIXeme siècle. En 1800, Pitt (1759 - 1806), mort à 47 ans, règle la malheureuse question irlandaise en intégrant l'Irlande au Royaume-Uni. L'acte d'Union fut signé en 1800. Le blocus continental gène le considérable essor économique, qui reprend de plus belle quand la Grande-Bretagne, au lendemain du Congrès de Vienne, devient la principale puissance économique mondiale. L'insignifiance des règnes de Georges IV et de Guillaume IV n'a pas de prise sur le loyalisme des Anglais, entraînés d'ailleurs dans un formidable développement économique que le bateau à vapeur et le chemin de fer accélèrent encore. Ce développement entraîne la prolétarisation ouvrière vouée à des conditions de vie inhumaines.

Les tories Wellington et Castelbragh (1812 - 1822) n'opposent au mouvement social qu'un étroit conservatisme. Puis, sous l'influence d'Owen, du chartisme et de différentes formes de socialisme, des mesures sont prises pour adoucir le sort des travailleurs et des pauvres. Parallèlement, des réformes électorales (1832) et religieuses (émancipation des catholiques, 1829), l'adoption du libre-échange (1846 - 1849) introduisent le libéralisme dans tous les domaines. En Irlande, cependant il faut l'action revendicative d'un O'Connel, plus tard d'un Parnell, pour desserrer le carcan de la nation.

De 1837 à 1901 règne Victoria (1819 -1901), morte à 82 ans, impératrice des Indes en 1876. L'ère victorienne - qui décline à partir de 1880 - est caractérisée par une suprématie écrasante de l'économie et de la marine britanniques, par la naissance d'un véritable Empire britannique (animé par une mystique de corps), par la promotion sociale continue des classes moyennes, par le vote d'une série de réformes sociales et électorales dues à des gouvernements aussi bien libéraux (Gladstone) que tories progressistes (Disraeli). Seul le problème irlandais s'aggrave avec les années; les Irlandais considèrent que les lois agraires de 1881, de 1885 et de 1903 ne sont pas suffisantes et réclament le Home rule; le refus du Parlement britannique de l'accorder rejette les leaders irlandais dans l'opposition violente et clandestine (Sinn Fein). Puis, quand le Home Rule, voté en 1912, prend force de loi en 1914, l'Irlande réclame violemment l'indépendance.

A la fin du XIXe siècle, l'expansion impériale britannique se heurte aux autres puissances (France à Fachoda, 1898; Boers en Afrique du Sud, 1899 - 1902) et plus particulièrement à l'Allemagne impériale. Des difficultés économiques s'ensuivent, qui provoquent des troubles sociaux et la formation d'un parti travailliste (1900). Sous l'impulsion de radicaux (Chamberlain, Loyd George) est mise en place une législation sociale. Une crise constitutionnelle se termine, en 1911, par la mise au second plan de la chambre des lords (Parliament Act).

Au splendide isolement succède la recherche d'alliances. Après bien des difficultés, une Entente cordiale est mise en place avec la France : le rôle du fils et successeur de Victoria, Edouard VII (1841 - 1910), mort à 69 ans, qui régna de 1901 à 1910, est alors décisif. En 1907, la rivalité anglo-russe trouve une solution. Cependant, aucun accord militaire n'a été signé. Mais, quand l'Allemagne viole le territoire de la Belgique neutre (août 1914), la Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de la France. Dans la formidable bataille de quatre ans, les Anglais jettent toutes leurs forces et celles de leur empire (770 000 morts); grâce à Lloyd George "organisateur de la victoire", la Grande-Bretagne est l'un des quatre grands pays qui impose la paix aux Empires centraux (1918). Cependant, si l'Empire britannique sort grandi (territoires allemands et turcs) de la guerre, sur le plan intérieur, le gvt de Lloyd George doit faire face à une grave crise de réadaptation (1918 - 1930). A la politique réactionnaire et de grandeur des conservateurs (1918 -1929) répondent le marasme industriel, le chômage, de graves troubles sociaux; en 1922 est crée l'Etat libre d'Irlande (moins l'Ulster), qui deviendra république d'Irlande en 1949. Avec Ramsay Macdonald, pdt d'un cabinet travailliste (1929 - 1931), puis à cause de la crise mondiale - d'un cabinet d'union nationale (1931-1935), la Grande-Bretagne réagit. En 1931, l'Empire devient une libre association ; le Commonwealth ; l'étalon-or est abandonné. En 1932, les Anglais en reviennent au protectionnisme impérial. A Georges V, fils d'Edouard VII (1910 - 1936), succède son fils Edouard VIII (1894 - 1972), mort à 78 ans, qui abdique presque aussitôt et est remplacé par son frère George VI (1895 - 1952), mort à 57 ans, qui régna de 1936 à 1952. Après une longue période de non-intervention et de paix à tout prix (Munich, 1938), le pays entre en guerre aux côtés de la France contre l'Allemagne, qui vient d'envahir la Pologne (03.09.1939). En mai 1940 se forme un cabinet d'union nationale présidé par Winston Churchill, qui, la France étant vaincue, doit faire face à la situation la plus tragique que le pays ait connue. Après la terrible bataille dite d""Angleterre" (automne 1940), les travaillistes (Attlee), qui restèrent au pouvoir de 1945 à 1951, qui pratiquent une énergique politique dirigiste sur le plan économique et social (organisation de la Sécurité sociale, nationalisation des mines et de la sidérurgie). Une réaction anti-etatiste caractérise le passage des conservateurs (Churchill, Eden, Macmillan, Home), au pouvoir de 1951 à 1964. L’avènement d'Elisabeth II (1926 -            ) , mort à ans, en 1952, fille de George VI, est une nouvelle occasion pour les Anglais de prouver leur royalisme à l'égard de la royauté. Désireux de rompre avec sa politique isolationniste très ancrée, elle se tourne vers l'Europe. Après avoir été à l'origine de la petite zone du libre échange (1959), elle pose sa candidature à l'entrée dans le Marché commun en 1961. Le gvt travailliste d'Harold Wilson, en place depuis 1964, reprend le programme d'adhésion de la C.E.E. Aux élections de mai 1970, les travaillistes sont battus par les conservateurs et le leader de ces derniers, Edward Health, devient Premier ministre. Il fait rentrer son pays dans la CEE en 1973, mais il se heurte au problème irlandais avec l'opposition des catholiques minoritaires et des protestants. Les élections de février 1974 ramènent les travaillistes, avec H. Wilson (1916 -1995), mort à 79 ans, qui démissionne en 1976; il est remplacé par un autre travailliste, James Callaghan (1912 - 2005), mort à 93 ans, qui s'attache au grave problème de l'inflation et la hausse des prix. Avec Margaret Thatcher (1925 - ?), mort à ? ans, les conservateurs reviennent au pouvoir en 1979. Ils s'attachent à réduire l'inflation au prix d'un chômage accru. En juin 1982, la Grande-Bretagne récupère par la force les îles Falkland, occupées par l'Argentine en avril. En 1984, la difficile reprise de l'économie est compromise par un climat social tendu (grève des mineurs et des dockers) et, en 1985, le gvt doit faire face à de violentes émeutes raciales. La politique de Margaret Thatcher est de plus en plus contestée dans les milieux modérés de l'opinion comme au sein de son propre parti. Le 30.08.1997, la princesse Lady Di meurt dans un accident de voiture sous le pont de l'Alma.

III.LES BEAUX-ARTS

Les manuscrits enluminés sont au premier rang de ce qu'a produit le haut Moyen Age sur le sol anglais. Les centres d'enluminure les plus anciens sont les monastères de Canterbury et, en Northhumbrie, de Lindisfarne; le "Livre de Lindisfarne" (début du VIIIeme siècle) reflète la tradition de l'entrelacs irlandais; les courants carolingiens l'emportent avec l'école de Winchester.

L'architecture romane de Normandie s'impose dans les grands sanctuaires entrepris après la conquête de 1066 : Canterbury, St Albans, Winchester, Ely, Durham et Norwich. D'abord décorative, la sculpture devient monumentale dans la période 1140-1160, à Ely, Lincoln et Rochester. D'actifs ateliers renouvellent l'art de l'enluminure au XIIeme siècle.

L'élan vertical n'est pas la caractéristique majeure du gothique anglais. Si les voûtes d'ogives apparaissent précocement à Durham au début du XIIeme siècle, le type achevé du gothique primitif est la cathédrale de Salisbury (1220 - 1260). Vers 1280, bien avant le flamboyant français, apparaît le style orné (Lichfield, Ely et Exeter). Enfin, le style perpendiculaire (vers 1350) affirme les verticales et les horizontales sur les façades et les verrières immenses, invente les riches voûtes en éventail (cloître de Gloucester; chapelles à Cambridge et à Westminster). Certaines façades sont tapissées de statues (Wells et Exeter).

 

Les XVIeme et le XVIIeme siècles sont marqués par la rupture avec la papauté ce qui entraîne la fermeture des monastères, l'interdiction des sujets mythologiques. La Renaissance atteint l'art par l'intermédiaire d'artistes italiens, puis néerlandais, qui concourent à la décoration de châteaux de style composite. Inigo Jones, s'appuyant sur l'œuvre de Pallado, crée l'architecture anglaise classique. Wren reconstruit la Cité de Londres et la cathédrale St Paul. Vouée au portrait, la peinture reçoit une empreinte profonde de Hans Holbein, peintre du roi à partir de 1537. Un grand raffinement caractérise les miniatures de Hilliard. Au XVIIeme siècle, l'impulsion vient de dehors avec Van Dyck et avec Lely, d'origine hollandaise, qui lui succède à la cour.

 

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Au XVIIIeme et au XIXeme siècle, Vanbrugh (1664-1728), mort à 54 ans, (corps central du château de Bienhiem) n'est pas indifférent au baroque européen, un William Kent prolonge le "palladianisme" d'Inigo Jones (1573 -1652), mort à 79 ans. Les plus beaux ensembles urbains s'élèvent à Bath. Initiateurs du néo-classicisme, les frères Adam renouvellent le décor intérieur. En sculpture se signalent le Français Roubillac (1695 - 1762), mort à 67 ans, puis Flaxman. Une école de peinture originale se crée avec les scènes de mœurs d'Hogarth avec Reynolds, Rommey Raeburn, Lawrence pour le portrait, Wilson, Thomas Gainsborough (1727 -1788), mort à 61 ans, et un certain nombre d'aquarellistes pour le paysage, Morland pour les scènes de la vie rustique. Si le romantique William Blake est un isolé, Constable Bonington (1802 - 1828), mort à 26 ans et Willliam Turner (1775-1851), mort à 76 ans vont influencer l'impressionnisme européen.


 

 

Le XIXeme siècle voit un retour à des sources anciennes en architecture : à côté des réussites antiquisantes de John Soane, l'intérêt se porte sur un renouveau du gothique, incarné par Welby Pugin (Parlement de Westminster). La recherche d'un art social, d'une renaissance des métiers d'art, prônés par le décorateur William Morris, est à rapprocher de la rareté des expériences modernistes (architecture de fer). L'exigence spirituelle, qui, sous l'influence de l'écrivain Ruskin, anime W.Morris, se retrouve chez les peintres préraphaélites, formée en 1848 par Rossetti, Holman Hunt et Millais, suivis par Burnejones. En face d'eux, l'Américain Whistler apporte la leçon de l'impressionnisme reçue à Paris, la transmettant à Sickert et à Wilson Steer.

Au XXeme siècle, le fauvisme influence Mathiew Smit (), mort à ans; le "vorticisme", dérivé du cubisme et duhttp://tjnorris.net/blog/wp-content/uploads/2007/12/francis-bacon-self-portrait-1972-b.jpg futurisme, a pour promoteur Wyndham Lewis. Néo-romantisme et surréalisme caractérisent Paul Nash, John Piper, Graham Sutherland, Ben Nicholson tandis que Pasmore représente l'abstraction géométrique. Francis Bacon (1909 - 1992), mort à 83 ans, la figuration expressionniste. D'intérêt secondaire au XIXeme siècle, la sculpture anglaise aligne, à la suite d'Epstein, une brillante phalange : Henri Moore, Barbara Hepworth, Chadwich et Armitage. Si la Grande-Bretagne a peu contribué à la naissance de l'architecture moderne, du moins sont à signaler, sur le plan de l'urbanisme, les cités-jardin d’Ebernezer Howard et les nouvelles développées après la Seconde Guerre mondiale.

III LA MUSIQUE

Dès le IXème siècle, Jean Scot Eugène aurait enseigné l’organum. Au XIIème siècle, des théoriciens de la musique (Aelred et Coton) préparent l'évolution de l'art musical anglais, au XIIIeme siècle, qui se trouve sur le plan technique, très en avance sur celui du continent, avance que rattraperont au XIVeme siècle, les musiciens de l'école française, et particulièrement Guillaume de Machaut.

Durant le XVeme siècle et la Renaissance, Dunstable porte très haut l'art polyphonique anglais et, avec le théoricien Gueilmus Monachus. le fait connaître sur le continent. La Réforme impose une esthétique nouvelle à la musique d'église : John Taverner se rattache au Moyen Age par l'emploi des mélodies de plein-chant et des thèmes populaires et par un style d'imitation en canon qui marque le début de la Renaissance, style que porteront à son apogée Christopher Tye et Thomas Tallis, mais aussi Sheperd, Munday, Farrant, Redford... De l'avènement de la reine Elisabeth (1558) à la mort de Purcell, c'est l'âge d'or de l'école britannique. Les grands compositeurs "élisabethains" ont, pour la plupart, écrit tous les genres répandus à l'époque, mais chaque genre eut ses maîtres : la musique religieuse, William Byrd et Orlando Gibbons ; le madrigal, Thomas Morley, John Wilbye et Thomas Weelkes ; la chanson au luth, John Dowland et Philip Rosseter ; la musique de clavier, John Bull ; la musique pour viole, Orlando Gibbons.

La période des Stuarts (XVII, XVIIIemes siècles), pas plus que le règne de Cromwell, ne fut propice au développement de la musique; la grande musique polyphonique d'Eglise disparaît; le maske, première forme de l'opéra anglais, assimile peu à peu le style déclamatoire de Monteverdi (1567 -1643), mort à 76 ans, en l'adaptant au rythme de la langue anglaise; la profession de "soliste" (chanteur ou instrumentiste) naît. Il faut citer à cette époque les noms de Nicholas Lanier, Matthew Locke, Henry Lawes, et surtout John Blow (Venus and Adonis). A l'époque de Purcell, le divertissement, la musique de scène et l'opéra naissant forment le centre de la vie musicale. L'arrivée de Hàndel (1685 - 1759), mort à 74 ans, en Angleterre (1710), puis celle de J.S. Bach (1685 - 1750), mort à 65 ans, en 1762 furent le signal d'une véritable invasion de compositeurs et de chanteurs italianisants.

A partir de 1850, August Manns et Charles Halle eurent le courage d'imposer au public de Londres et de Manchester des oeuvres anglaises. Un certain nombre de jeunes compositeurs méritaient alors l'attention : Bennett, Sullivan, Alexander Mackensie, Charles Villiers Stanford, Frederick Cowen, Edward Elgar, Frederick Delius, Hubert Parry. Des chefs comme Granville Bantock et Henry Wood, le fondateur des célèbres "Promenades-Concerts", continuèrent l'effort de Manns et Halle. Les festivals de chant choral suscitent une floraison de grands oratorios anglais : Prometheus unbound, de Parry (1880) ; The Dream of Gerontius, D'Elgar (1900) ; Hymn of Jésus, de Gustav Holst (1917) ; Belshazzar's Feast, de William Walton (1931) ; A Child of our Time, de Michael Tippett (1944).

Dès le début du XXe siècle, l'Angleterre a repris sa place dans le monde musical. Elle ne fut pas sans subir l'influence de la musique romantique allemande, mais l'intérêt nouveau pour le folklore britannique, l'importance du chant choral, le développement des festivals furent autant d'éléments d'un certain nationalisme qui permit à un langage musical anglais, à une école anglaise, de se constituer. De ce point de vue, Vaughan Williams fait figure de chef d'école. Citons encore : John Ireland, Arnold Bax, Arthur Bliss, Peter Warlock, Gordon Jacob, Edmund Rubbra, Benjamin Britten, Alan Rawsthorne, Lennox Berkeley, etc.

IV. LITTÉRATURE :

"L'Histoire ecclésiastique des Angles" (publié vers 430) de Bède le Vulnérable constituent la principale source d'information sur le Moyen Age anglo-saxon, tandis que les 3 000 vers du "Bewulf » forment le monument le plus important de l'ancienne poésie. La conquête normande fait du français la langue des milieux cultivés, mais les clercs, comme Geoffroy de Mommouth, auteur de l’ « Histoire des Bretons" (publié vers 1150) restent fidèles au latin. La seconde moitié du XIVème siècle voit naître une vraie littérature avec la traduction de la "Bible"en langue vulgaire par Wycliff. Le premier imprimeur, William Caxton, édite le récit merveilleux de "La Mort d’Arthur" de Thomas Mallory. Si Thomas More avec son fameux ouvrage "Utopie" (1516) et William Shakespeare qui sont des figures emblématiques, il faut aussi retenir que la poésie s'ouvre aux influences italiennes avec Wyatt et Surrey, qui créent le decasyllable non rimé. Christopher Marlow révèle une réelle vigueur dans sa "Tragique Histoire de Faust" (1588). La littérature du XVIIème siècle se ressent fortement des troubles politiques et religieux. L'édition de la Version autorisée de la "Bible" (1611) est le premier signe marquant de l'emprise que le puritanisme va exercer sur la création littéraire. Le XVIIIème siècle donne une impression d'ordre et d'équilibre qui s'incarne dans le culte de la forme d'Alexandre Pope (cf son œuvre "Essai sur l'homme". 1733), des récits de Daniel Defoe avec son fameux ouvrage "Robinson Crusoe" (1719) et des contes philosophiques de Jonathan Swift ("Voyages de Gulliver". 1726). Le sentimentalisme moralisateur de Samuel Richardson avec son fameux ouvrage "Clarisse Harlow" et le réalisme picaresque d'Henry Fielding avec son fameux ouvrage "Tom Jones" (1749) sont des figures intégrantes de ce siècle. Le romantisme anglais du XIXème siècle est un retour au lyrisme du XVIème et au début du XVIIème. Celui-ci est représenté par Wordsworth avec ses "Ballades lyriques" (1798) et Coleridge. Mais la révolte et le sensualisme de lord Byron semblent fixer l'image du romantisme (cf "Le Pèlerinage de Childe Harold". 1812 - 1818) que complètent d'une manière plus profonde Percy Bryshe Shelley avec son "Ode au vent d'ouest" (1819 - 1820) et de John Keats avec son fameux "Endymion" (1818). L'époque de la reine Victoria est caractérisée par une expansion économique et la naissance de grands mouvements sociaux notamment dans le domaine scientifique avec les théories de Charles Darwin tandis que Charles Dickens dénoncent les transformations sociales dans ses nombreux romans comme "Les Aventures de Monsieur Pickwick" (1836 - 1837), "Oliver Twist" (1837 -1838) et "David Copperfield" (1840 - 1850). Il ne faut pas oublier les sœurs Bronté qui nous livrent leurs vies tourmentées dans les landes du Yorkshire dans des romans aussi célèbres comme "Les Hauts de Hurlevent" (1847). A partir de 1880, c'est le temps des inquiétudes (concurrence économique étrangère, la question d'Irlande, la guerre des Bœrs etc) Si Rudyard Kipling ne doute pas de la solidité des vertus britanniques comme en témoigne son fameux livre "Le Livre de la Jungle"(1894), d'autres romanciers comme Stevenson dans le fameux livre "L'Ile au Trésor" (1883) cherche refuge dans l'aventure. On retrouve ce désespoir chez Thomas Hardy dans son fameux ouvrage "Tess d'Uberville" (1891), mais d'autres auteurs cherchent une solution aux problèmes de leur temps et s'affirment comme écrivains "engagés" comme Herbert Georges Wells dans son magnifique ouvrage "La Guerre des mondes" (1898) et des auteurs dramatiques comme Bernard Shaw qui ont retranscrit leur désespoir dans des ouvrages comme "César et Cléopâtre" (1901) et "Pygmalion" (1912) . Cependant, d'autres auteurs comme Oscar Wilde dans son fameux "Portrait de Dorian Gray" (1891) s'adonnent au raffinement d'un hédonisme esthétique. Si la guerre de 1914 ne forme pas le sujet principal des meilleures œuvres, elle amène cependant une remise en question des modes de pensée. La poésie de T.S Elliot exprime la stérilité du monde de l'après-guerre ("La Terre vaine". 1923), mais c'est le roman qui traduit dans sa structure les plus profonds bouleversements. De James Joyce avec son roman "Ulysse" (1922) date une nouvelle conception de l'écriture; Virginia Wolf cherche dans ses romans à transcrire la vie souterraine de l'esprit et D.H. Lawrence s'élève contre l'étouffement du sens esthétique par la civilisation de la machine ("Le Serpent à plumes". 1926). La génération des écrivains contemporains porte un nouveau regard critique sur la société et les valeurs anglaises. L'angoisse devant le monde moderne mêlée au désir d'évasion se retrouve dans les contes voltairiens de Georges Orwell (Mothâri, Bengale 1903 - Londres 1950), mort à 47 ans ("La République des animaux". 1945 et "1984" (1948). Il faut aussi retenir des histoires d'horreurs d'Anthony Burges (Manchester 1917 - Londres 1993), mort à 76 ans ("Orange mécanique". 1962)

V. LONDRES :

Le "Grand Londres" créé en 1965, regroupe l'ancien comté de Londres, le Middlessex, des parties de l'Essex, du Hertfordshire, du Kent et du Surrey.

Londres n'apparaît qu'après la conquête romaine. La cité, qui subit les invasions anglo-saxonnes au Vème siècle, devient au VIIème siècle la capitale du petit royaume d'Essex et est érigée en évêché. En 866, Alfred le Grand (849 - 899), mort à 50 ans, reconstruit la ville, endommagée par les incursions Scandinaves. Elle est ensuite disputée entre les rois anglo-saxons et danois. Guillaume le Conquérant (1027 - 1087), mort à 60 ans, traite directement avec elle et lui reconnaît d'importants privilèges. En 1191, elle reçoit une charte communale. A partir du XII ème siècle, elle bénéficie du choix de Westminster, tout proche, comme principal siège du gouvernement, et de l'essor du commerce européen; le port de Londres devient un important centre de redistribution, au XV ème siècle l'industrie drapière y est prospère. Les "marchands aventuriers" prennent la relève des hanséates, qui, installés à Londres depuis 1157, se voient retirer leurs privilèges en 1560. Sous les Tudor, et en particulier pendant le règne d'Elisabeth, Londres atteint une exceptionnelle prospérité. Pendant la guerre civile, elle est la capitale du parti parlementaire.

La population passe de 100 000 habitants sous Henri VIII (1491 -1547), mort à 56 ans, à
500 000 habitants au milieu du XVII ème siècle. La majeure partie de la ville demeure cependant enfermée à l'intérieur de la vieille enceinte. Cet entassement favorise les catastrophes; en 1665 une épidémie de peste fait plus de 70 000 victimes; en 1666, un incendie détruit les 4/5 de la cité.

Pendant la bataille d'Angleterre (septembre - octobre 1940), Londres fut durement atteint par les bombardiers allemands (13 000 tués, 20 000 blessés). La capitale fut à nouveau la cible des VI et des V2 entre 1944 et 1945.

Au niveau des beaux-arts, il faut retenir qu'à la cité des Anglo-Saxons, dont il reste peu de souvenirs, succède le Londres des Normands. La tour de Londres construite en 1078 est formée d'un grand donjon carré et d'une cour aux constructions basses. Guillaume le Roux ( -            ), mort à ans, construisit le Nouveau Palais (aujourd'hui appelé Westminster Hall) entre 1087 et 1100. Bon exemple de la fin du style roman, le chœur de l'église de Saint Bartholomew the Great, à Smithfield, fut édifié vers 1130-1140. De l'âge gothique subsistent l'église du Temple construite en 1185, l'abbatiale de Westminster (reconstruite de 1245 à 1270 et continuée au XIV ème siècle), la Chapelle d'Ely Place à Holborn ("gothique orné" du XIV ème siècle) et, parmi les édifices civils, le Guildhall, commencé en 1411. Saint Margaret's et la Chapelle de Henry VII appelée Westminster illustrent le "style perpendiculaire" qui se fit remarquer dans la première moitié du XV ème siècle. L'époque élisabéthaine et jacobite a laissé les Inns of Court, la façade de l'hôtel de Sir Paul Pindar (Victoria and Albert Muséum). Au XVIII ème siècle, Inigo Jones (1573 - 1652), mort à 79 ans, adapta l'esthétique palladienne, (Salle des festins à White Hall, jardins de Covent Garden ) et Christopher Wren (1632 - 1723), mort à 91 ans, construisit Saint Paul. L'incendie de 1666 ravagea toute la ville. On rebâtit les maisons en brique rouge, avec des toitures en tuiles. Au XVIIIème siècle, Robert et James Adams ( -            ), mort à ans, répandirent un style décoratif (Cheminées de marbre, ferronneries) et tracèrent en 1768 "the Adelphi", quartier au Sud du Strand. L'imitation des Grecs (église Saint Pancras par Inwood, en 1819) et le style néogothique (Palais du Parlement par Barry (1795 - 1860), mort à 65 ans, et Augustus Welby Northmore Pugin (1812 - Ramsgate 1852), mort à 40 ans) dominèrent le XIX ème siècle.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Londres fut très éprouvé par les bombardements ; la cathédrale Saint Paul put être sauvegardée, parmi des monuments souvent atteints comme l'Adelphi, Covent Garden, le Guildhall, Westminster. La ville est très riche en musées : British Muséum, National Gallery, Tate Gallery, Wallace Collection ...

RANG DANS LE MONDE (en 1989)            5ème pour le pétrole

6ème pour l'orge, le gaz

7ème pour les ovins.

BBC : British Broadcasting Corporation fondée en 1922

Commonwealth : Ensemble des états britanniques et territoires issus de l’empire britannique et admettant une certaine solidarité. Cette communauté a été établie par le statut de Westminster en 1931. Le sourverain du Royaume-Uni en est le chef suprême.

Union Jack : Drapeau national du Royaume Uni, qui fut créé à la suite d’un décret de Jacques 1er en 1606

La légende veut que Cambridge ait été fondée en 1209 par des étudiants qui avaient fui Oxford après un différend avec les dirigeants locaux.

La date de la fondation de l’université d’Oxford n'est pas connue précisément mais ses activités sont attestées à partir de 1096.

Publié dans Anglais

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