Histoire de l'Allemagne
I-LES ORIGINES :
L'histoire des "Allemagnes" commence avec l'arrivé dans l'Empire des "Barbares germaniques" qui, s'installant de part et d'autre du Rhin, effacent trace de romanisation en Rhénanie et dans la région des champs Décumates. Les Francs, maîtres de l'Allemagne de Clovis (465 - 511), mort à 46 ans à Charlemagne (742 - 814), mort à 72 ans, travaillent à la conversion au christianisme des populations qui leur sont soumises (Alamans, Bavarois, Saxons). La fondation de l'empire d'Occident donne à cet agglomérat de peuples germaniques un semblant d'unité; celle-ci s'effondre bientôt pour laisser se développer la conception franque de la souveraineté-propriété, propice aux partages familiaux. A la mort de Louis le Pieux (778 - 840), mort à 62 ans, l'unité politique de l'Occident européen n'est plus qu'un souvenir, encore que l'idée d'empire universel survive, attachés au titre impérial, que conservent, avec des fortunes diverses, les souverains germaniques. Le serment de Strasbourg rédigé en 842 et le traité de Verdun rédigé en 843 sont comme l'acte de naissance de la nationalité allemande : Louis le Germanique (804 - 843), mort à 39 ans est souverain des territoires situés à l'est du Rhin. Le traité de Meersen en 870 donne au Germanique une partie de la Lotharingie. A sa mort en 876, ses fils se partagent son royaume, que reconstitue d'une manière éphémère l'un d'entre eux, l'empereur Charles le Gros (839 - 888), mort à 49 ans, maître aussi de la Francie occidentale.
Dès 887, Charles le Gros est déposé. L'autorité de ses successeurs en Germanie, Arnulf (? - 899), mort à ? ans et Louis IV l'Enfant (893 - 911), mort à 18 ans, est très incertaine.
II - L'ALLEMAGNE FEODALE :
A la mort, en 924, du dernier Carolingien, Bérenger (888 - 924), mort à 36 ans, l'Allemagne, ravagée par les Scandinaves, les Wendes, les Hongrois, les Moraves, est en pleine décadence. Le régime féodal s'y implante solidement dans le cadre ethnique et territorial des "duchés nationaux" : Bavière, Souabe, Franconie, Lorraine et surtout Saxe - le plus puissant -, dont le duc, Henri l'Oiseleur (876 - 936), mort à 50 ans, qui régna de 919 à 936, s'assure, pour lui et pour sa dynastie, le pouvoir royal.
Sous la dynastie saxonne (919 - 1024), l'Allemagne connaît la prospérité ; les envahisseurs sont repoussés ; la colonisation en pays slave s'étend ; les grands feudataires sont soumis par le roi, appuyé sur le clergé et la petite noblesse. Ce dernier phénomène a d'ailleurs comme résultat l'émiettement territorial, qui caractérisera l'Allemagne jusqu'à Napoléon 1er (1769 - 1821), mort à 52 ans. Le roi Otton 1er (912 - 973), mort à 61 ans, qui régna de 936 à 966 se fait donner la couronne d'Italie en 951 et, reprenant le titre impérial à Rome en 962, fonde le Saint Empire romain germanique ; mais ce ne sera qu'une copie de l'empire de Chartemagne, qui ne pourra jamais assurer l'unité du pays ; l'autorité du chef de l'Empire sera plus théorique que réelle. La dynastie franconienne (1024 - 1138) sacrifie l'Allemagne à ses ambitions dynastiques et à son césaropapisme. De la longue lutte avec la papauté, les empereurs - notamment Henri IV (1553 - 1610), mort à 57 ans, qui régna de 1056 à 1106, adversaire de Grégoire VII (1020 - 1085), mort à 65 ans - sortent diminués au profit du clergé local et, surtout, des petits féodaux, qui ont fourni volontiers leur aide aux papes dans leur lutte contre l'autoritarisme impérial. La lutte rebondit avec la longue rivalité des guelfes (partisans d'Otton et du pape) et des gibelins (partisans de Frédéric II) à la suite de l'élection, en 1138, de Conrad III de Hohenstaufen (1852 - 1925), mort à 77 ans, (maison de Souabe) empereur germanique.
Les échecs des impériaux et de leurs alliés gibelins en face des partisans à la papauté se multiplient aux XIIème et XIIIème siècles. Frédéric 1er Barberousse (1122 - 1190), mort à 68 ans qui régna de 1152 à 1190, qui périt noyé en Orient, et Frédéric II (1194 - 1250), mort à 56 ans qui régna de 1220 à 1250, fut mis au ban de la chrétienté par Innocent IV (cf. concile de Lyon en 1245), sont les principales victimes de la querelle du Sacerdoce et de l'Empire. La mort de Frédéric II en 1250 et le long interrègne qui suit (1250 - 1273) marquent l'effondrement de la puissance impériale, la rupture des liens qui unissaient l'Allemagne et l'Italie, l'aggravation du morcellement territorial de l'Empire germanique, cependant que s'enrichissent les puissantes cités marchandes de la Baltique et de la mer du Nord (Lübeck, Brème et Hambourg), du Rhin (Francfort et Strasbourg) et les villes placées sur les routes des cols alpestres (Nuremberg et Augsbourg). C'est l'époque des ligues, que domine la brillante histoire de Hanse.
III. LES HASBOURGS
Cependant, quelques grands ensembles territoriaux résistent à l'emiettement général : le plus important est celui des Hasbourg. Rodolphe deHasbourg qui régna de 1273 à 1291, négligeant l'Italie et le couronnement romain, fait de sa maison une grande puissance en annexant l'Autriche, la Carinthie, la Carniole et la Styrie ; il amorce la restauration du pouvoir impérial, que Louis de Bavière (1786 - 1868), mort à 82 ans, dont le régne dura de 1314 à 1346 proclame indépendant de la papauté en 1338. Charles IV de Luxembourg (1316 - 1378), mort à 62 ans, par la Bulle d'or de 1356, règle la procédure des élections impériales, en dehors de l'intervention papale et au profit du collège des Sept Electeurs (dont trois Electeurs ecclésiastiques). En fait, par leur puissance territoriale et financière, les Hasbourg vont s'assurer rapidement, et jusqu'à la fin du Saint Empire la couronne impériale. Albert d'Autriche (1559 - 1621), mort à 62 ans, élu en 1438, en épousant la fille unique héritiaire de l'empereur Sigismond (1368 - 1437), mort à 69 ans, qui régna de 1411 a 1437, reçoit des droits sur la Hongrie et sur la Bohème. Frédéric III (1415 -1493), mort à 78 ans qui régna de 1440 à 1493, cousin et successeur d'Albert, est le dernier empereur couronné à Rome par le Pape. Son fils Maximilien 1er (1459 - 1519), mort à 60 ans qui régna de 1493 à 1519 renforce les liens unissant les Etats héréditaires des Hasbourg et prépare l'énorme puissance territoriale de Charles Quint (1500 - 1558), mort à 58 ans, dont le règne s'étendit de 1519 à 1556. Par ailleurs, Maximilien s'efforce vainement de centraliser l'administration en Allemagne et de donner à l'Etat allemand une unité qu'il n'a jamais connue. En Allemagne, l'Empereur ne pouvait pas lever ni impots ni troupes sans le consentement de la Diète, dont l'unanimité était requise, alors qu'elle reflétait les profondes divisions du pays. Si bien que ce sont des institutions royales, donc autrichiennes (Conseil aulïque, Chambre aulique, chancellerie ), qui, se substituent aux institutions impériales défaillantes. Dans une Allemagne où les luttes du Sacerdoce et de l'Empire, le
grand Schisme, le Concile de Constance, le particularisme et le nationalisme des clercs ont préparé les esprits à rejeter l'autorité romaine, la réforme lutherienne trouve un terrain favorable.
Les luttes religieuses nées de la Réforme, et où se mêlent problèmes politiques et sociaux nuisent à l'autorité de l'Empereur et renforcent le territoralisme princier. Cependant, en donnant aux habitants de l'Allemagne un idéal commun, en stimulant la formation d'une langue allemande vulgaire, la Réforme contribue puissamment à donner naissance au sentiment national allemand. En 1555, la paix d'Augsbourg consacra, par la formule cujos regio, ejus religio, l'absolutisme princier. Cependant, l'introduction du calvinisme en Allemagne durant la seconde moitié du XVIème siècle fait rebondir les querelles religieuses. Au début du XVIème siècle, l'Allemagne se trouve de nouveau divisée en deux camps hostiles : à l'Union evangélique, protestante dirigée par l'Electeur palatin, s'oppose la Sainte Ligue, dirigée par le Duc de Bavière qui régna de 1608 à 1609; chacun des deux camps dispose d'une armée de mercenaires. Ainsi éclate la dernière guerre de religion, appelée guerre de Trente Ans (1616 -1648) qui ravage le pays et affaiblit gravement l'autorité impériale. La première partie de la guerre tourne cependant au profit de l'Empereur Ferdinand II (1578 -1637), mort à 59 ans, qui, en 1629, impose aux Princes protestants l'Edit de Restitution. Mais l'intervention suédoise, puis française dans la guerre aboutit en1648 aux Traités de Westphalie qui consacrent le morcellement en 350 Etats du Saint Empire ; celui-ci n'est plus qu'une "république de monarchies plus ou moins étendues" sans cohésion politique, dont les affaires sont internationnalisées, cependant que s'y développe une culture brillante et cosmopolite. Sur le plan économique, l'Allemagne, ravagée, se développe difficilement. Le relèvement se produit au XVIIIème siècle grâce à la progression des défrichements et au commerce colonial, qui profite surtout à Hambourg.
IV. L'HEGEMONIE PRUSlENNE :
L'exemple de la rénovation est donné par le Brandebourg, qui, dès le règne du "grand Electeur" Frédéric-Guillaume (1620 - 1688), mort à 68 ans dont le règne s'étendit de 1640 à 1646, passe du stade de la principauté médiévale à celui de l'Etat moderne ; l'arrivée massive des huguenots français favorise cette transformation. En 1701, Frédéric 1er (1676 - 1751), mort à 85 ans, successeur de Frédéric-Guillaume, se fait couronner roi de Prusse. Désormais, les Hasbourg devront compter en Allemagne avec la puissance montante des Hohentzollern, d'autant plus que le titre impérial est de plus en plus vain. La Diète, devenue permanente en 1664, est tout aussi impuissante. La Prusse fait un pas de géant sous le règne de Frédéric II (1740 - 1786), dont les gains seront cependant partiellement perdus par ses deux successeurs, François-Guillaume II qui régna de 1786 à 1797 et Frédéric-Guillaume III qui régna de 1797 à 1840.
V LES RESULTATS DE LA POLITIQUE NAPOLEONIENNE :
La Révolution française trouve de nombreux sympathisants dans l'Allemagne morcelée, mais avide de progrès, dès la fin du XVIIIème siècle. Cependant, le "despotisme éclairé" des princes allemands, les guerres qui opposent la France a l'Empire et à la Prusse limitent les effets de la Révolution. C'est Napoléon 1er qui réveille l'Allemagne de façon décisive ; après que la France s'est installée juridiquement sur la rive gauche du Rhin et que la Constitution du Saint Empire soit abrogée, le Recez de Ratisbonne (25 Février 1803) fait disparaître 112 des anciens Etats allemands. Les principaux bénéficiaires de ce boulversement sont les Etats du Sud (Bavière, Bade, Wurtenberg), alliés de l'empereur des Français. Car d'une part, l'empereur François II, à la suite du Traité de Presbourg (1805), est réduit au rang d'empereur d'Autriche (François 1er) - ce qui signifie la fin du Saint Empire germanique (1806) -, d'autre part, le Traité de Tilsit (1807) réduit considérablement le domaine des Hohentzollern.
L'Allemagne, à partir du 12 juillet 1806, forme une Confédération du Rhin, constituée de 18 Etats, et dont Napoléon est le "protecteur".
VI LA CONFEDERATION GERMANIQUE ET L'UNITE ALLEMANDE :
L'humiliation de la Prusse sera paradoxalement à l'origine de la résurrection d'une Allemagne que Napoléon avait déjà conduite sur le chemin de l'unité. La Prusse, où les hommes remarquables forgent une armée, exaltent le patriotisme et multiplient les réformes sociales et économiques, devient l'espoir de tous les patriotes allemands ; ce rôle, la Prusse l'assume en dirigeant de 1813 à 1814 la guerre de libération (Leipzig en Octobre 1813) et en décidant à Waterloo (Blücher) de l'écrasement des armées françaises en 1815.
L'acte final du congrès de Vienne (09.06.1815) donne une structure nouvelle à l'Allemagne: celle d'une Confédération germanique de 39 Etats (Capitale Francfort, siège de la Diète), dominée par l'Autriche (dont l'empereur est président de la Confédération) et par la Prusse (dont les territoires se sont considérablement accrus en 1815). Tout naturellement, l'histoire de l'Allemagne sera désormais dominée par la rivalité austro-prussienne.
Cependant, à l'action nationale se joint une agitation libérale provoquée par la restauration de I'ancien régime féodal dans la plupart des Etats allemands. Cette agitation est surtout le fait des étudiants, dont les associations (groupées en une Burschenschaft ) sont brutalement brimées par Metternich (1773 - 1859), mort à 86 ans, chancelier d'Autriche, gardien - jusqu'en 1846 - de l'ordre rétabli en Europe. Jusqu'en 1830, la vie politique allemande est proprement étouffée. La Prusse songe à unifier l'Allemagne à son profit. En 1834, l'entrée en vigueur d'une union douanière (Zoolverein ) prélude à une union politique, l'industrialisation de la Prusse rhénane et l'apparition des premiers chemins de fer en 1835 favorise l'unification. La révolution de 1848 semble devoir être l'occasion rêvée. Un Parlement préparatoire, réuni à Francfort, décide de l'élection au suffrage universel d'une Assemblée nationale. Réunie le 18 Mai 1846, cette Assemblée se heurte à l'hostilité des princes, à la division entre partisans d'une Grande Allemagne (avec l'Autriche) et d'une Petite Allemagne (sans l'Autriche). Cette dernière solution ayant prévalu, le roi Frédéric -Guillaume IV (1765 - 1837), mort à 72 ans, est sur le point d'accepter la couronne impériale quand le chancelier autrichien Schwarzenberg - victorieux de la révolution viennoise et hongroise - oppose son veto (entrevue ou reculade d'Olmütz ). La Prusse s'incline, mais, profondément blessée, elle attendra l'occasion d'obtenir par les armes ce qu'elle n'a pu atteindre par des voies pacifiques.
En 1862, Bismarck (1815 - 1893), mort à 75 ans, est Premier Ministre de Prusse ; en moins de 10 ans, il va mener à bien une œuvre d'unification discutée depuis un demi siècle. Son but : instaurer l'hégémonie prussienne et chasser l'Autriche d'Allemagne. Il l'atteint par l'action diplomatique et militaire, grâce à la confiance de Guillaume 1er (1797- 1888), mort à 91 ans , roi depuis 1861, et à l'appui de Von Moltke, chef de l'état major. Ayant attiré l'Autriche dans le guêpier de l'affaire des Duché danois en 1864, Bismarck lui déclare la guerre et le bat à Sadowa en 1866. Le traité de Prague (23.08.1866) élimine les Hasbourg des affaires allemandes et créé la Confédération de l'Allemagne du Nord (tous les Etats au nord du Main), présidée par le roi de Prusse, dont le chancelier est Bismarck. L'ultime étape est franchie quand, ayant acculé Napoléon III à lui déclarer la guerre en 1870, Bismarck écrase les armées françaises (1870-71) et fait proclamer à Versailles (18.01.1871) l'Empire allemand, dont la couronne est donnée au roi de Prusse Guillaume 1er. L'Alsace-Lorraine, arrachée à la France (Traité de Francfort, 10.05.1871) et érigée en terre d'Empire, est le garant de l'unité allemande.
VII L'EMPIRE ALLEMAND
Sous Guillaume 1er de 1871 à 1888, que seconde Bismarck (démissionnaire en 1890), et sous Guillaume II qui régna de 1888 à 1918, l'empire allemand (IIème Reich) connaît une prospérité inouie. Bénéficiant d'un essor démographique et industriel sans précédent, l'Allemagne devient une des grandes puissances du monde. La Constitution fédérale du 20 Avril 1871 laisse sans doute aux 26 Etats allemands une large autonomie interne, mais l'Empereur-roi et son chancelier disposent de l'armée, de la monnaie, des postes et de la diplomatie. Par ailleurs, au conseil fédéral (Bundesrat) comme au Reichstag, la Prusse dispose de la majorité des voix.
A l'intérieur, Bismarck se heurte à l'opposition du Centre catholique, à l'encontre duquel il pratique une politique anticléricale (Kulturkampf, 1673 - 1879), qu'il est finalement obligé d'abandonner ; à la montée du socialisme, il oppose l'application de lois sociales, ce qui ne suffit pas à arrêter le mécontentement ouvrier et les gains socialistes. A l'extérieur, Bismarck est vraiment le maitre de l'Europe, soucieux de maintenir l'isolement de la France et de constituer la Triplice en 1882 - alliance avec l'Autriche et avec l'Italie - une barrière aux ambitions françaises et russes. Sur le plan colonial, l'action de Bismarck est trop tardive pour être efficace.
Après le régne éphémère de Frédéric III (1831 - 1888), mort à 57 ans, Guillaume II dilapide partiellement l'héritage d'un Bismarck, dont il se débarrasse dés 1890. Ce prince mégalomane prend les affaires en mains ; ses quatre chanceliers ne sont que ses exécutants. Sans plan bien défini, Guillaume II laisse s'opérer l'alliance franco-russe en 1894 et l'Entente cordiale franco-anglaise en 1904, tandis que sa diplomatie brouillonne (Tanger en 1905; Agadir en 1911) irrite une opinion française depuis longtemps sensibilisée par le contentieux franco-allemand ; en favorisant les ambitions autrichiennes dans les Balkans, le Kaiser pousse l'Europe sur le chemin d'une guerre qu'elle s'habitue à considérer comme inévitable. Le pangermanisme bruyant de Guillaume II (1859 - 1941), la force de l'industrie allemande, la naissance d'une marine de guerre, l'installation des Allemands sur plusieurs points de l'Océanie, de l'Afrique et de l'Asie finissent par inquiéter la Grande Bretagne. L'entrée des Allemands en Belgique au début de la première guerre mondiale détermine l'Angleterre à se placer aux côtés des Alliés. Finalement, usée par quatre ans de guerre, l'Allemagne signe l'armistice le 11 Novembre 1918. Le Traité de Versailles signé le 28 Juin 1919 la condamne à de lourdes réparations, lui enlève ses colonies et une partie de son territoire, notamment l'Alsace-Lorraine, rendue à la France. L'empereur et tous les souverains allemands ont abdiqué.
VIII. LA REPUBLIQUE DE WEIMAR
Livrée à l'anarchie, menacée par la révolution communiste (mouvement spartakiste de 1919), ruinée par l'Inflation et la crise économique, humiliée par l'occupation de la Ruhr par les Français en 1923, l'Allemagne de la République de Weimar (1919 - 1933) subit rapidement la tentation du nationalisme revanchard, incarné dès 1923 par le parti national-socialiste (nazi) d'Adolf Hitler (Braunau , Haute- Autriche 1889 - Berlin 1945), mort à 56 ans ; ce parti est cautionné par l'autorité du général Ludendorff (1865- 1937), mort à 72 ans, qui accrédite le mythe de "diktat de Versailles". La crise économique de 1929 (16 millions de chômeurs) porte au paroxysme le mécontement des classes moyennes et des ouvriers ; l'autorité du président Hindenburg (1847 - 1934), mort à 87 ans qui gouverna de 1925 à 1933 n'est pas suffisante pour assurer l'efficacité des partis au gouvernement (social-démocratie et centre); à l'extérieur, Stresemann (1878- 1929), mort à 51 ans est incapable de faire admettre l'idée d'un rapprochement franco-allemand.
VIII. LE NATIONAL-SOCIALISME
Quand le président Hindenburg, le 30 janvier 1933, appelle Hitler à la chancellerie, la dictature du national-socialisme - considérée par la majorité des Allemands comme le seul remède à l'anarchie. Il se montre très efficace à l'intérieur, très vite menaçant à l'extérieur, la volonté de Hitler, devenu chef de l'Etat à la mort de Hindenburg en 1934, étant d'effacer ''VersaiIles". Ce qui donne à la dictature hitlérienne un caractère inhumain, c'est dabord l'encadrement militaire ou paramilitaire (Front du travail, S. A., S.S. ), d'une grande partie de la population, particulièrement de la jeunesse ; c'est surtout l'application d'une doctrine raciale, élaborée par Rosenberg, qui vise à l'élimination des juifs et à l'exaltation de la race allemande. La police secrète ( Gestapo) et la propagande (dont Goebbels est l'âme) se révèlent des armes efficaces.
Toute l'activité du pays - où le chômage est ainsi résorbé - est tournée vers le réarmement (au mépris du traité de Versailles). Une fois en possession d'une armée forte et moderne et d'une nation exaltée, Hitler, qui s'appuie sur Mussolini (axe Rome-Berlin, 1936), agit en Europe à sa guise, les Alliés étant, en fait, incapables d'arrêter sa marche : occupation de la Rhénanie (07. 03. 1936). annexion de l'Autriche, ou Anschluss, puis démembrement de la Tchécoslovaquie en 1938, laquelle passe sous le protectorat allemand en 1939. Mais l'invasion de la Pologne par les Allemands le 1er septembre 1939 provoque l'entrée en guerre de la France et de la Grande-Bretagne. Ainsi commence la Seconde Guerre mondiale (1939 -1945). L'Allemagne envahit progressivement le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, la France, la Yougoslavie, la Grèce : les troupes allemandes attaquent la Russie en juin 1941. Mais la guerre tournera finalement à leur désavantage à Stalingrad en 1943 et l'ouverture du front de Normandie en 1944 sonnent le glas du IIIième Reich, qui disparait dans les ruines de Berlin, où Hitler trouve la mort en Avril 1945. Le 8 Mai 45, l'armée allemande capitule sans condition, Hitler laisse derrière lui des dizaines de millions de morts, parmi lesquels des millions de résistants et de juifs massacrés ou exterminés dans les "camps de la mort".
IX. L'ALLEMAGNE APRES LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Sans gouvernement, à la merci des Alliés pendant quatre ans, l'Allemagne, ruinée, exsangue, et qui a perdu d'importants territoires à l'Est, ne se relève que lentement, mais la mésentente entre les Russes et les Alliés occidentaux favorise la coupure entre une Allemagne de l'est, communiste, et une Allemagne de l'ouest, influencée par les Occidentaux. Cette coupure est consacrée par la constitution, en 1949, d'une République fédérale d'Allemagne (Capitale : Bonn) et de la République démocratique allemande (Capitale : Berlin).
Dés 1945, la R.F.A. comptait les deux tiers de la population allemande ; depuis, elle a absorbé 12 millions de réfugiés de l'Est, dont la présence, si elle a posé un grave problème social, a contribué à développer l'économie du pays.
A partir de 1949, l'Allemagne a été dirigée par le président du parti chrétien-démocrate (C.D.U.), le chancelier Konrad Adenauer (1896 - 1976), mort à 80 ans ; celui-ci s'est montré partisan du libéralisme économique et de l'intégration de son pays au monde occidental (signature du plan Schuman créant la C.E.C.A. en 1951; adhésion à l'OT.A.N. en 1955; ratification des Traités sur Le Marché commun et l'Euratom en 1957). L'intégration économique, puis politique, de la Sarre à l'Allemagne, à partir de 1959 , a contribué au redressement spectaculaire de la R.F.A. La prééminence du parti chrétien démocrate a été battue en brèche par les progrés électoraux des autres partis, et notamment des socialistes (S.P.D.); ceux-ci, aux élections fédérales de 1961, firent perdre à la C.D.U. la majorité absolue au Parlement de Bonn ; ce recul s'accentua aux élections de 1965, qui révélèrent, par ailleurs, un embryon de nationalisme à tendances néo-nazies.
La politique allemande à été dominée par trois personnalités appartenant à la C.D.U.: Adenauer, réélu chancelier en 1961, qui démissionna le 15 Octobre 1963; Ludwig Erhard (1897 - 1977), mort à 80 ans. son successeur, qui céda sa place, en 1966, à Kiesinger (1904 - ?), mort à ? ans , élu grâce à la coalition des chrétiens démocrates et des socialistes. Mais ,en 1969, l'échec relatif des chrétiens démocrates amène au pouvoir une coalition des socialistes et des libéraux: Williy Brandt (1913 - ?), mort à ? ans, est élu chancelier. Il met alors en œuvre une politique de détente avec l'Allemagne orientale et la Pologne. L'essor économique a eu des conséquences sur le plan monétaire, des spéculations jouant sur le mark, une des plus fortes monnaie du monde. Un nouveau chancelier socialiste, Helmut Schimdt (1918 - ?), mort à ans ?, doit faire face à ces problèmes à partir de 1974. Face au bloc des républiques socialistes, la R.F.A. a cherché à resserrer les liens qui l'attachent aux puissances occidentales. Adenauer s'attacha particulièrement à ce qui lui semblait être la base de l'édifice européen : la réconciliation franco-allemande. Celle-ci fut consacrée lors du voyage du Général de Gaulle en Allemagne en Septembre 1962 et de la signature du Traité franco-allemand le 22 Janvier 1963.
Dans un contexte économique peu favorable, la R.D.A. s'est peu à peu dégagée de l'administration militaire soviétique en se donnant des institutions propres (Traité du 20 Septembre 1955) tout en restant fidèle à l'U.R.S.S. et à ses alliés (adhésion au pacte de Varsovie en 1955 ; traité d'amitié avec l'U.R.S.S. en 1964 et intervention militaire en Tchécoslovaquie en 1968). Le plan quinquennal 1951 - 1955, prévoyant la mise en place d'une puissante industrie lourde, ne put être que partiellement réalisée à cause de la pénurie de denrées et de la réaction des ouvriers, qui trouvaient les normes de travail trop dures (troubles de 1953). La vie politique reste dominée par la toute puissance du parti socialiste unifié (communiste), et plus particulièrement par Walter Ulbricht (1893 - 1973), mort à 80 ans, secrétaire général du parti de 1953 à 1971, date à laquelle il place à la tête du parti Erik Honnecker (1912 - ?), mort à ? ans. C'est ainsi que lorsque mourut en 1960 le président de la République Wilhem Pieck (1876 - 1960), mort à 84 ans, ce dernier ne fut pas remplacé, Ulbricht devenant président du Conseil d'Etat de la R.D.A., organe collectif qui tient lieu de président de la République. A sa mort, Willy Stoph (1914 - ?), mort à ? ans, lui succède à ce poste.
Le redressement économique, toujours gêné par la pénurie des matières premières, l'a été plus encore par le départ vers la R.F.A. de très nombreuses personnes, les techniciens surtout. Si bien que, le 13 Août 1961, les autorités du pays décidèrent de fermer la frontière berlinoise par un mur surnommé "rideau de fer" d'une hauteur de 3.50 m., long de 1 340 km. et large de 146 m., occupant 344 Km2 en R.D.A, dont le franchissement clandestin a provoqué plusieurs drames sanglants (passages forcés de la frontière: depuis sa création, 77 personnes furent tuées à la frontière, dont 58 par balles ; 38 000 personnes ont réussi à passer dont 553 soldats. En 1982, 73 personnes ont trouvé la mort ; en 1983, 34 personnes dont 10 garde-frontières. Cette décision s'inscrivait dans la ligne d'une politique qui, dès Novembre 1958 avait incité l'U.R.S.S. et la R.D.A. à abolir unilatéralement le statut quadripartite de Berlin. En 1962, Walter Ulbricht proclama la nécessité de donner la priorité à la construction socialiste, à la planification de l'économie ; le conseil des ministres joua dès lors le rôle d'un cabinet économique.
Pour mener à bien sa tâche de modernisation, le pays a inauguré en 1966 avec les socialistes de la R.F.A. une politique de contacts qui aboutit, lorque ces derniers sont au pouvoir avec Willy Brandt en 1969 à une détente entre les deux Etats : les deux Allemagnes s'engagent à respecter leur souveraineté sur leurs territoires respectifs, dont elles reconnaissent les frontières. Le 3 Octobre 1990, l'unification allemande marque fin de la RDA.
La fête nationale allemande est le 07 octobre (Fondation de la RDA en 1949)