Définitions stylistiques - de N à R

Publié le par Eric Balay

NONSENS : Forme particulière de l'humour qui à proprement parler n'offre pas de sens. Le nonsense est d'origine britannique et naît avec la publication en 1846 du d'Edward Lear, en principe adressé à un public d'enfants et rempli de petits poèmes aussi abracadabrantes que les comptines. Lewis Caroll lui succédera avec Alice au pays des merveilles et La Chasse au snark. En France, les héritiers de cette forme d'humour sont Alphonse Allais ou Alfred Jarry et plus proche de nous, Raymond Devos ou Pierre Desproges.

OXYMORE : opposition entre deux mots qui se touchent.

Ex. :"une lueur sombre"

PAMPHLET  : Court écrit satirique qui attaque avec violence le gouvernement, les institutions, la religion, un personnage connu.

PANTOUM : Poème à forme fixe d'origine extrême-orientale, pratiqué en particulier par Hugo, qui a traduit dans une note des Orientales, un pantoum malais, par Leconte de Lille et par Théodore de Banville. Le pantoum comprend plusieurs quatrains qui s'enchaînent l'un à l'autre en ce que le deuxième et le quatrième vers de l'un deviennent le premier et le troisième du suivant (cf. extrait du poème La Montagne écrit par Banville, p. 139, Dictionnaire de critique littéraire. Coll. Cursus Armand Collin)

PARABASE : Partie d'une comédie grecque qui consistait essentiellement en un discours du coryphée (choeur), sorte de disgression par laquelle l'auteur faisait connaître aux spectateurs ses intentions, ses opinions personnelles.

PARABOLE : Texte duquel découle une morale (cf. fable les deux coqs écrit par La Fontaine)

PARAGOGE : Addition à la fin d'un mot.

PARAGRAMME : Faute d'orthographe ou d'impression qui consiste à subsistuer une lettre à une autre.

PARASTASE : Accumulation de phrases qui reprennent la même pensée.

PARACHEME : Défaut de langage résultant de la juxtaposition de syllabes qui ont la même sonorité.

PARODIE : Imitation burlesque d'une oeuvre.

PARONOMASE : Rapprochement de mots dont le son est à peu près semblable, mais dont le son est différent.

Ex. : Tu parles, Chartes, tu racontes n'importe quoi.

PASTICHE : Oeuvre littéraire ou artistique dans laquelle l'auteur a imité la manière, le style d'un maître, soit pour s'approprier des qualités empruntées, soit par exercice de style ou dans une intention parodique.

PATAQUÈS (gazapo, lapsus ) : Faute de liaison. La consonne qui apparaît n'est pas présente géographiquement ou si elle est présente, il n'est pas d'usage de la faire entendre. L'emploi littérraire du pataquès est évocateur soit du manque de culture du locuteur, soit de parlers régionaux.

PEREGRINISME : Utilisation de certains éléments linguistiques empruntés à une langue étrangère.

PERFORMATIF : Terme introduit par Benveniste et emprunté aux philosophes du langage anglo-saxons. Il désigne une catégorie de verbes ou d'expression verbales, qui, énoncés à la première personne du présent, accomplissent l'acte qu'ils désignent. Par exemple, dire "je vous promets", c'est accomplir l'acte de langage de la promesse. Mais, dire "j'ai promis que", c'est simplement faire le récit d'un acte antérieur.

PERISSOLOGIE : Vice d'élocution qui est une espèce de pléonasme et qui consiste à ajouter à une pensée déjà suffisament exprimée d'autres termes qui sont surabondants.

PHEBUS : Présenter de façon peu intelligible, mais brillante, des idées relativement simples.

POLYSYNDETE : Répéter une conjonction plus souvent que ne l'exige l'ordre grammatical.

PONCIF : Cliché (= expression toute faite) typique par rapport à une époque donnée.

Ex. :             "femmes blanches" (poncif de l'époque romantique)

"rejet de la société" (poncif des 68ards)

"les gens se sont réveillés en état de choc"

"la colère gronde" (poncifs de la TV des années 90)

PRETERITION : Feindre de ne pas vouloir dire ce que néanmoins on dit très clairement, et souvent même avec force.

PROLEPSE : Prévenir les objections en se les faisant à soi-même et en les détruisant d'avance.

PROSOPOPÉE : Mettre en scène les absents, les morts et les êtres surnaturels en les faisant agir (cf. poème intitulé La Maison du berger écrit par Alfred de Vigny).

PROSTHESE : Addition d'une lettre ou d'une syllabe au commencement d'un mot, sans en changer la valeur.

PSITTACISME : Langage sans pertinence, par automatisme de la mémoire comme un perroquet.

QUATRIEME MUR : Terme forgé par Diderot pour distinguer le mur fictif qui est supposé fermer le cube de la scène dans le dispositif "à l'italienne". Infranchissable, le quatrième mur sépare le monde des acteurs et celui des spectateurs, rendant l'illusion maximale.

REDONDANCE : Redoublement expressif de l'idée ou des phrases proches.

REGRESSION : Reprendre les mots qui se trouvent au début en les expliquant un par un.

REPETITION : L'épiphore se produit en fin d'unité

Ex. : Moi, j'ai pris charge de l'écrit, j'honorerai l'écrit

Saint John Perse, Amers

La redditio où les éléments répétés encadrent l'unité :

Ex. : L'année dont moi je parle est la plus grande année : la mer où j'interroge est la plus grande mer.

L'anadiplose, où les mots sont en contact :

Ex. :            Tous les jours nos regards

Vont des Alpes au Gard

Du Gard à la marine

Apollinaire, Je t'adore mon Lou

La succession de plusieurs anadiploses constituent la concatination.

REVERSION : Figure de style que consiste à répéter une suite des termes dans un ordre inversé.

RIME : Retour, à la fin de deux ou plusieurs vers, de la même consonnanœ de la terminaison accentuée du mot final. Il nous faut en distinguer différentes sortes :

  • Le quatrain est un poème de quatre vers composé de quatre octosyllabes avec le schéma de rimes a; b; b; a ou a ; b ; a; b, tandis que le cuarteto est un poème de quatre vers avec onze ou plus de syllabes.
  • Le quintil est un poème composé de cinq strophes d'art majeur; tandis que la lire est un mélange d'endecasyllabes y d'heptasyllabes d'art mineur dont les rimes se croisent a ; b ; a ; b.

Il faut distinguer différentes sortes de rimes dans la poésie castellane :

- Rimes plates ou suivies (pareadas)

- Rimes croisées : a;b;a;b

- Rimes embrassées : a ; b ; b ; a

- Rimes internes : ceux-ci trouvent sa correspondance à l'intérieur d'un vers :

Ex. :             « Sobre la mujeio sobre la rosa

beso puede seio ser mariposa. »

- A l'intérieur d'un vers poétique, on trouve des pieds (Unité rythmique constituée par un groupement de syllabes d'une valeur déterminée : quantité, accentuation ). Parfois, on trouve dés vers qui ont des pieds formés d'une syllabe longue suivie de deux brèves qui sont appelés dactyles; tandis que les vers qui ont des pieds formés de deux syllabes , une longue et une brève sont appelés trochées (cf. ïambes).

Ex. : "La princesa està triste : ¿ que tenfdrà la printeesa ? , rythme dactylique 

« Quisiera. antiguo amigo.

conside(rar el tiempo que ha pa)sado... ,  rythme trochaïque

- On appelle "Rime assonante" la coincidence de la terminaison de deux ou plus entre deux mots, établies à partir de la voyelle tonique et seulement entre les voyelles; tandis que la "Rime consonante" est la répétition, sur deux ou plus vers, de tous les sons des mots finaux à partir de la voyelle de la syllabe tonique.

- On appelle " vers simple", le vers sans pause interne tandis que le vers composé de deux vers indépendants séparés par une pause :

Ex. : yo soy ardiente (5), // yo soy morena (5) yo soy el simbolo (6 -1 ) de la pasion (5)

Les vers majeurs possèdent plus de 8 syllabes tandis que les vers mineurs possèdent moins de 8 syllabes.

Publié dans Français

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